Les mauvaises nouvelles continuent et se ressemblent. A force de les entendre presque chaque jour, nous finissons par s’y habituer. Et donc, par les oublier. C’est comme les catastrophes qu’on appelle naturelles. Puisqu’elles sont naturelles, c’est-à-dire causées par la nature, elles sont forcément fatales et deviennent donc normales. 

Cette analyse redondante arrange bien les responsables politiques et leurs partenaires sur le terrain que sont les élu(e)s. Une catastrophe est naturelle, par conséquent personne n’en est responsable. Le problème est réglé et il aussitôt oublié. Et si vous n’êtes pas d’accord, voyez avec le patron. Le Grand Patron, bien sûr. 

Lui qui regarde et suit tout cela à partir des cieux, ne doit pas être très d’accord qu’on mette tout sur le dos de Dame Nature. La nature, la pauvre, elle a été programmée ainsi, mais elle n’a jamais empêché quiconque de se défendre contre ses excès, ses dérives et ses dérapages. 

Par exemple, quand il pleut, quand il y a un orage, quand il y a une tempête, bref, quand la nature fait son travail de nature, qui nous interdit de prendre un parapluie pour nous protéger d’une averse, de fermer portes et fenêtres pour affronter un orage, ou même de renforcer un toit ou un mur pour mieux être à l’abri d’une tempête ou même d’une tornade ? 

Sauf que, tout cela, il faut le préparer à l’avance. Si vous n’êtes pas sorti(e) avec votre parapluie alors que vous avez bien été prévenu(e) par le bulletin météo, et bien, c’est à vous et à vous seul(e) que vous devez en vouloir si jamais vous rentrez chez vous mouillé(e) jusqu’au cou. La nature a fait son boulot qui est celui de pleuvoir, vous n’aviez qu’à faire le votre, celui de vous protéger. A l’avance. Parce que, après, c’est toujours trop tard. Après, on ne fait que réparer, quand réparer est encore possible. 

Aujourd’hui, la science et les techniques ont tellement évolué qu’on est capable, autant que faire se peut, de prévoir toutes les catastrophes dites naturelles, et de s’y préparer avec les moyens adéquats, bien à l’avance, afin, sinon les éviter, du moins, en atténuer les effets.  

Par exemple, contre les séismes, dans les régions à risque, on impose des constructions anti-sismique et dans les régions volcaniques, on éloigne le plus possible les constructions des lieux d’éruptions.  C’est aussi simple que cela. 

Autre exemple : on ne construit jamais rien, même pas un terrain de foot ou de golf ou juste de tennis, sur le lit d’une rivière ou d’un fleuve, même s’ils sont à sec depuis des siècles, pour la simple raison, qu’un jour ou l’autre, ils peuvent y revenir, sans vous prévenir. Et là, bonjour les dégâts ! 

Pour cela, nous pensions, nous autres les citoyennes et citoyens bien naïfs de ce pays béni et béni oui oui, que ceux qui nous gouvernent et en qui nous avons mis – si peu – notre confiance, en sont un peu conscients. Peut-être que oui, peut-être que non, en tout cas, ils ont trouvé l’explication : ce n’est pas de leur faute, mais c’est la faute à la nature, à Ala fatalité, au destin et tout le baratin.  

Cette fois-ci, il faut le reconnaître, ils ont trouvé LA solution, celle qui va régler le problème une fois pour toutes jusqu’à la prochaine catastrophe : ils ont créé, tenez-vous bien, le “Comité de Gestion des Catastrophes Naturelles” Le CGCN. Un nom qui résonne comme une police anti-émeutes. Ils ont peut-être l’intention de faire peur aux catastrophes et de les éloigner en tirant en l’air. 

Mais qu’est ce qu’on a fait au Grand Patron pour mériter de telles catastrophes ! 

Je vous laisse réfléchir à tout cela, et vous souhaite, malgré tout, une très bonne rentrée et une très bonne semaine. 

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma