Par Mohamed LAROUSSI, Ecrivain et Co-fondateur de la plateforme AnalyZ

Ce matin, en me réveillant, j’ai eu comme une espèce de cas de conscience. Cela faisait plusieurs jours où je me triturais les méninges à vouloir absolument me convaincre que cela ne servait rien d’aller voter, parce que, pensais-je, au Maroc, nous sommes loin du vrai jeu démocratique, que le peuple est tellement pauvre du ventre et de l’esprit qu’il se fait acheter à 2 sous, que ceux qui l’achètent sont tellement vils, cupides et sans scrupules qu’aussitôt élus, ils ne pensent qu’à une seule chose : profiter un max des deniers de l’Etat, donc du contribuable, donc du citoyen, donc de vous et de moi lesquels, après les avoir gaiement laissés passer, allions les regarder, pendant plusieurs années, se moquer de nous, nous exploiter et nous voler, tranquillement, impunément.

Alors, comme disait Lénine, que faire ?

Lui, finalement, avait trouvé la solution : la révolution. Or, il est si loin le temps des grands combats pour la justice, pour l’égalité, pour la dignité humaine, pour les droits humains élémentaires, pour une vie décente pour toutes et pour tous. Cela fait très longtemps que l’égoïsme, l’égocentrisme et le chacun pour soi sont devenus les maitres-mots et les mots d’ordre de ceux et celles qui veulent avoir leur place au soleil, juste pour eux, juste pour elles, sans soucier aucunement des autres, au risque de les laisser dans l’obscurité la plus totale. Et c’est ce qui est terrible et dramatique, c’est que tout le monde semble trouver cela très normal, très naturel, très humain.

En vérité, quand je dis “tout le monde”, je suis complètement dans l’exagération et dans la démesure.
Et c’est ce choc que je peux, sans prétention aucune, qualifier d’intellectuel qui me fait réagir aujourd’hui et qui me pousse à partager avec vous cette modeste réflexion.

Au fond, c’est en suivant, un peu à mon corps défendant, les interventions des “leaders” politiques et autres candidats et candidates qui se succèdent depuis plusieurs jours et semaines à la télé, à la radio et sur les réseaux sociaux, que j’ai commencé à réfléchir.

Il est vrai qu’en termes de discours redondants, d’argumentaires creux, de promesses vaseuses, il n’y a rien de transcendant. Ce qu’on appelle outrageusement “ notre élite” a vraiment du mal à se renouveler et encore moins à céder sa place à une relève de jeunes.

Pourtant, cette jeunesse, même désespérée, même désemparée, semble encore y croire. Heureusement d’ailleurs. L’avenir n’appartient-il pas d’abord, à cette jeunesse à laquelle incombera la construction du Maroc demain ?

Par ailleurs, pourquoi continuer de croire bêtement que tout le monde est pourri, et qu’il n’y a que de rares exceptions, dont, bien entendu, nous ferions partie. 

Tant que nous sommes persuadés que la vertu est notre fort et que le vice, c’est les autres, on ne peut pas avancer, et le pays non plus.

Personne n’a le monopole de la morale et de la droiture, et, je le répète, tout le monde n’est pas pourri.
Faisons la part des choses : si nous n’allons pas voter, si nous ne faisons pas les bons choix, nous allons laisser passer les vrais nuls et les véritables minables, et nous allons le regretter, mais cela sera trop tard.

Alors, barrons la route à tous ces malfrats, ces rentiers opportunistes, ces bandits multirécidivistes, et ces archaïques obscurantistes, et donnons l’occasion aux gens de parole et de morale, ceux qui aiment ce pays et son peuple, et aimeraient le relever au firmament.

En attendant d’avoir un Maroc encore plus radieux, je vous souhaite un très bon weekend et vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit.