J’ai vraiment marre de rabâcher presque toujours la même chose, mais ils continuent, je continue ! Croyez-moi, mais je n’ai aucun plaisir à râler tout le temps contre une communication des plus désastreuses d’un gouvernement des plus autistes que nous ayons eus.

Ce qui me rassure un petit peu, c’est que je constate que je ne suis pas le seul à trouver que nos gouvernants sont des cyniques doublés d’incompétents et nous prennent parfois, vraiment, pour des imbéciles qui goberaient tout ce qu’on leur raconte.

Tenez, par exemple, que signifie encore ce minuscule communiqué diffusé la veille de l’Aïd à l’issue du conseil de gouvernement ?  “Les mesures de restriction qui avaient été prises auparavant pour lutter contre le Covid-19 continueront de s’appliquer tout au long des jours de l’Aïd El Fitr, annonce-t-on à l’issue du Conseil de gouvernement. Le couvre-feu reste ainsi appliqué de 20 H 00 à 06 h 00 du matin.  Quant aux restrictions de déplacement inter-villes, ils restent toujours en vigueur”.

Je dois vous préciser un point : comme je l’ai dit à plusieurs de mes proches et amis, je ne suis pas du tout contre le maintien des “mesures de restriction” le jour de l’Aïd, ou même le lendemain, ne serait-ce que pour ne pas créer une avalanche subite de rencontres et d’attroupements qui risqueraient de nuire à une situation sanitaire plus qu’appréciable. Mais que signifie, Bon Sang de Bon Sang, “tout au long des jours de l’Aïd El Fitr” ? Depuis quand “l’Aïd El Fitr” compte plusieurs jours ?

Certains, optimistes ou pacifistes, m’ont dit que par “jours de l’Aïd”, le gouvernement entendrait les jours de congé officiels qui sont au nombre de deux, comme pour toutes les fêtes religieuses.

Ok. D’accord.

D’autres, plus circonspects, croient plutôt que, comme cette année l’Aïd se trouve accoudé à un weekend, les “jours de l’Aïd El Fitr”, vont durer 4 jours, c’est à dire jusqu’au dimanche inclus.

Moi je veux bien tout ce qu’on veut, mais pourquoi alors ne pas nous le préciser d’une manière claire ? Comme je m’interroge à chaque fois, je ne sais pas qui rédige ou qui dicte ce type de communiqué, mais franchement, il ou elle doit revenir à l’école de communication si jamais lui ou elle y a mis un jour les pieds. 

À moins que, comme me l’a suggéré un pote aussi râleur et têtu que moi, toute cette confusion serait créée à dessein, non pas pour embêter le peuple et le laisser dans l’expectative, mais tout simplement parce qu’eux-mêmes n’en savent pas plus. Alors, pour cacher leur ignorance, et par peur de se faire taper sur les doigts, ils sortent des communiqués flous et multi-interprétations. 

Je dois repréciser un autre point dans le même registre : je suis, et je l’ai toujours été, pour la rigueur et la sévérité dans le respect des mesures prises pour lutter contre la pandémie de Corona, mais à la condition qu’il y ait un minimum de cohérence. 

je vous donne un exemple puisé dans le fameux et fumeux communiqué : “Quant aux restrictions de déplacement inter-villes, ils restent toujours en vigueur”. 

Super ! Il n’y a rien à dire. L’envie de faire une virée ailleurs, aussitôt le ramadan bouclé, tout le monde connait bien ça, car tout le monde a envie d’aller souffler un peu loin de chez soi. Donc, le gouvernement fait bien de garder les “restrictions” le temps que ce maudit virus déguerpisse d’ici. Sauf que, là aussi, on rappelle le maintien des restrictions, et en même temps, on conseille aux automobilistes et autres voyageurs et voyageuses de faire attention sur la route car “il y aura beaucoup d’embouteillages”. Pis : on ferme les gares routières officielles, comme celle de Oulad Zyane” à Casablanca, et on laisse les autocaristes, les grands taxis et “les voleurs de places” racketter les passagers au vu et au su de tout le monde. Et je ne vous dis pas comment tous ces transporteurs illégalement légaux transportent leurs clients. La distanciation ? Les mesures-barrières ? Tu parles !

Et je laisse le plus incohérent pour la fin : Que sont devenues les fameuses autorisations exigées jusqu’à présent pour voyager ? On m’a dit qu’à partir du moment où “ les restrictions de déplacement inter-villes restent toujours en vigueur”, cela voudrait dire qu’elles sont toujours de rigueur. Mais alors, pourquoi on ne les demande jamais aux voyageurs qui voyagent dans les transports publics bondés et autorisés en toute illégalité, et on continue de le faire, parfois, souvent, quand ça leur chante, au gré des humeurs, du faciès, du modèle du véhicule, de son immatriculation et., pour des “pauvres” automobilistes, à l’entrée de certaines villes touristiques, lesquels automobilistes avaient réservé plusieurs jours à l’avance dans des hôtels qui ont leur avaient fait de belles offres promotionnelles en coordination avec la belle campagne lancée par l’ONMT, donc par le gouvernement ?

Dernière interrogation et non des moindres : qui sait, avec exactitude et pas seulement des suppositions, ce qu’ils vont décider pour nous pour la suite, c’est-à-dire à partir de lundi, autrement dit, juste après “les jours de l’Aïd”. 

En politique, le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal”, avait écrit Machiavel.

Je crois que nous, nous avons droit au pire. Pauvres de nous ! 
En attendant et en espérant le moindre mal, je vous souhaite une bonne fin de “jours de l’Aïd”, un très bon weekend, et vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit.

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma