A notre grand dam, nos partis continuent au même titre que notre gouvernement, de nous écorcher le tympan par de gueux discours politiciens, sans songer un instant à la nécessité de mettre en place un plan B de nature à nous éviter le risque d’une  » Opération Publique d’Achat  » (OPA) dont l’économie marocaine pourrait faire l’objet.

C’est devenu préoccupant. Tous les paramètres macro-économiques se dégradent- dérapage du déficit commercial, déficit du budget de l’Etat, infléchissement des principales sources de devises, avec pour corollaire une détérioration de nos réserves nettes de change. 

Sur le volet monétaire non plus, la situation n’est pas au beau fixe, la banque centrale ne cessant, à coups d’avance à 7 jours qui se chiffrent en dizaine de milliards, de renflouer un marché de plus en plus aride en liquidité. 

Néanmoins, le gouvernement actuel ne montre pas de signe de réactivité à cette situation, ni ne semble disposer d’un plan  » B « . 

Un gouvernement qui brille par son absence et nous n’avons même plus droit aux replâtrage et badigeonnage d’usage des gouvernements antérieurs, en guise de solutions, pour parer au plus pressé. 

Or, les problèmes économiques du Maroc sont des problèmes de fond, qui ont pour noms:
– L’extraversion et la dépendance économiques
– Le diktat du capital et du marché
– La fusion- absorption de l’Etat et sa dissolution dans le pouvoir.

Pour desserrer l’étau de son arrimage servile, le Maroc a besoin de réformes économiques de structure, par l’implémentation d’une économie intégrée et auto- centrée. Ce ne peut se faire sans le pré-requis de rétablir l’Etat dans ses droits et pouvoirs- exécutif, législatif et judiciaire. Un Etat impersonnel et général ; un Etat pour tous, mais pour personne en particulier. N’est-ce pas là la raison d’être de l’Etat? 

Il devient urgent pour un Etat qui vit au dessus de ses moyens de commencer par l’adoption d’un plan d’austérité, applicable à tous ses organes, avec focus sur les charges de fonctionnement, dans l’attente de repenser notre modèle de développement actuel, qui n’a crée ni richesse nationale, ni n’a réduit la pauvreté et les disparités sociales et régionales.

Mostafa MelgouChercheur en économie et Expert du secteur bancaire et financier. Ancien cadre supérieur de plusieurs groupes bancaires dont notamment la BMCI, la Saudi French Bank à Jeddah, Sahara Bank en Libye, et ABNAMRO Bank. Il est co-fondateur de la plateforme ANALYZ.MA