Suite à l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution 2468 sur le Sahara prorogeant de six mois la mission de la Minurso, il en ressort de prime abord que les membres du Conseil ont clairement confirmé les contours de la solution à ce différend régional en en rappelant les éléments structurants et les paramètres comme universellement reconnus.

Les paramètres évoqués par le Conseil de sécurité de l’ONU rejoignent dans leur ensemble la position marocaine qui favorise une solution basée sur le compromis et le réalisme, et abandonnent définitivement tout référentiel au référendum, ce qui confirme clairement, et de la manière la plus cinglante, une fin de non-recevoir par le Conseil de sécurité à l’attachement des autres parties au référendum et à l’indépendance qui ne sont, selon la thèse marocaine ni réalistes, ni pragmatiques, ni acceptables, ni encore moins basés sur le compromis.

Et en identifiant nommément les parties concernées par ce différend régional, le Conseil de Sécurité reconnaît, ipso facto, qu’une implication forte, continue et constructive de l’Algérie est nécessaire pour mettre un terme à ce différend régional qui dure depuis bientôt 5 décennies..

C’est pour cela que la résolution 2468 du Conseil de sécurité, née de dures et âpres négociations dans les arcanes de l’ONU, consolide les acquis du Maroc dans les résolutions précédentes, notamment la prééminence de l’initiative d’autonomie.

Mais si le Maroc espère que cette résolution puisse constituer une forte impulsion au processus politique et que, sur la base des paramètres qui y sont définis, chaque partie assumera pleinement ses responsabilités pour avancer vers la « politique réaliste, pragmatique et durable, basée sur le compromis » souhaitée par la Communauté internationale comme l’a rappelé, depuis Rabat, le ministre Bourita à l’issue du vote de New York, Rabat espère aussi que le Conseil de sécurité puisse traduire dans les faits et transformer sur le terrain les injonctions faite au Polisario en vue de de respecter le cessez-le-feu et se retirer illico presto du périmètre de Guergarate et de s’abstenir de toute action déstabilisatrice dans les zones de Bir-Lahlou et de Tifariti.

Car la disposition sincère du Maroc à parvenir à une solution de compromis dans le cadre de son initiative d’autonomie et son souhait que le processus en cours puisse générer une dynamique réelle, n’a d’égale qu’une volonté de voir toutes les parties prenantes se départir des rhétoriques usitées et éviter que les réunions deviennent une fin en soi.

Abdellah El Hattach