Mohamed Jaouad Malzi

L’instabilité, l’incertitude et les risques économiques caractérisent de plus en plus la situation économique mondiale. L’économie marocaine n’en fait pas exception. La crise sanitaire du Covid-19 a, à cet effet, brutalement paralysé l’activité économique à une échelle sans précédent.

Toutefois, grâce aux mesures et aux politiques macroéconomiques et monétaires mises en œuvre pour limiter l’impact de la pandémie par les pouvoirs publics et les acteurs économiques stratégiques, notamment la banque centrale (Bank Al-Maghrib), la situation économique est en redressement progressif.

Affirmons d’ores et déjà que l’analyse et l’établissement des perspectives économiques à moyen terme s’avèrent un exercice difficile et complexe dans les circonstances actuelles, compte tenu du caractère profondément incertain de la conjoncture économique mondiale et des interdépendances économiques, aussi la reprise économique devrait varier d’un secteur à l’autre.

Ainsi, la modélisation des perspectives devrait se faire selon différents scénarii prenant en considération un nombre important de paramètres internes et externes, notamment le développement de la situation sanitaire, l’efficacité des mesures futures des autorités, les conditions climatiques et les aléas externes intrinsèquement liés à l’économie marocaine.

La reprise conditionnée

Dans un scénario plus réaliste, la croissance économique devrait rebondir d’ici 2025 et reste conditionnée par la reprise de quelques secteurs clés de l’économie marocaine notamment l’agriculture et le tourisme ; le premier touché par les conditions météorologiques des dernières années tandis que le second soit bouleversé par les mesures strictes de lutte contre la propagation du virus telles que le confinement et les restrictions de déplacements.

En effet, la réalisation de ce scénario garantirait l’atténuation du déficit budgétaire, le dynamisme du marché de l’emploi et la réduction du taux de chômage, le soutien du pouvoir d’achat ainsi que le maintien d’une inflation modérée. Le Maroc retrouve donc son équilibre macro-économique d’ici 2025.

Vers un modèle économique basé sur le capital humain

Il faut dire, par ailleurs, que la crise a largement démontré à quel point le capital humain et immatériel et technologique sont les véritables sources de création de la valeur économique. Ceci dit, pour pallier les impacts négatifs de la crise, l’enjeux majeur de l’économie marocaine est de favoriser un développement économique inclusif, axé sur l’Homme et sur le savoir, un développement qui lutte contre les inégalités sociales et les disparités régionales.

Dans ce sens, le Maroc devrait investir davantage dans le système de l’éducation et dans la recherche scientifique afin de valoriser les ressources humaines et développer ainsi une main d’œuvre qualifiée capable de créer de la valeur, d’impulser la croissance économique et de répondre par la suite aux exigences du développement socio-économique.

Pour finir, l’économie marocaine devrait retrouver son équilibre d’ici 2025. Par ailleurs, les différents acteurs économiques et politiques devraient travailler ensemble pour redresser la situation économique post COVID-19 du pays en tablant sur une politique axée sur le capital humain et informationnel, une politique capable de résister aux chocs et aux crises futures et potentielles.

Mohamed Jaouad Malzi

Docteur en économie, Professeur et Consultant