Par Mohamed LAROUSSI

C’est à mon corps défendant que j’ai décidé cette semaine de mettre moi aussi mon grain de sel dans ce débat houleux et malheureux sur l’obligation du Pass Vaccinal. 
Dois-je rappeler que cette décision si controversée a été prise et communiquée à l’opinion publique la veille du Mouloud pour être appliquée le lendemain de 2 jours fériés !

Plus hâtif et plus précipité que ça, tu meurs.

Je ne vais pas revenir sur tous les griefs qui ont été cités contre cette décision à la « va-vite-on-est-pressés », mais je vais me focaliser sur quelques-unes seulement. Mais, auparavant, je suis dans l’obligation de renouveler toute ma reconnaissance pour l’excellent boulot qui a été fait durant cette pandémie toujours pas finie, malgré certains couacs, dont, justement, certaines décisions hâtives et précipitées. 

Cela étant rappelé, je vais attaquer mon sujet, et je ne vais pas y aller par 36 chemins. 

Je vais commencer d’abord par dire haut et fort que le gouvernement commence mal son mandat et qu’il fait preuve d’un amateurisme déconcertant et d’une improvisation désespérante. 

Je vous assure que cette critique publique, je ne la fais pas de gaieté de cœur car, comme beaucoup, non seulement j’étais content qu’on se soit débarrassés de leurs prédécesseurs, mais j’étais d’un optimisme sans limite. 
Quelle déception ! 

Pour me faire court, il n’y a eu pour l’instant que 2 grandes décisions de ce gouvernement, qui ont été exécutées aussitôt décidées, et ces 2 seules décisions ont réussi, en très peu de temps, non pas à nous faire regretter le gouvernement précédent – on ne va pas exagérer – mais par nous interroger sérieusement sur ce qui nous attend à l’avenir.

Maintenant que j’en parle, je remarque que les 2 décisions sont très intimement liées :

On a démissionné la nouvelle ministre de la santé très fraichement nommée, et on a rappelé, pour prendre sa place, l’ancien ministre très constitutionnellement écarté. Et c’est donc ce nouvel-ancien ministre – que j’appelle désormais Ait Taleb II – qui décide de nous rappeler à ses bons vieux souvenirs de ministre-patron-qui-n’a-de-compte-à-rendre-à-personne, et de nous montrer, preuves à l’appui, mais sans rien nous expliquer, qu’il n’est pas revenu pour amuser la galerie, mais pour sévir. Mais comme il pourrait nous dire, sans jamais nous le dire, car il fait partie de nos ministres sourds-muets : c’est dans notre intérêt. Tu parles d’un intérêt !

Donc, paf ! 

« Voilà ce que j’ai décidé parce que c’est ce que vous méritez.

Vous ne voulez pas vous faire vacciner, alors que je vous offre le vaccin et le service qui va avec. Et vous, vous me boudez, vous me narguez, vous refusez mon cadeau que vous dites empoisonné. Eh bien, vous allez voir : je vais vous empoisonner la vie ! Vous voulez me laisser les immenses stocks de vaccins de toutes couleurs et de toutes nationalités sur le dos, eh bien, vous allez m’avoir sur le dos jusqu’au jour où vous allez enfin accepter, de vous faire piquer. D’ailleurs, je vais demander à mes auxiliaires de santé, de vous faire très mal, pour vous punir pour votre retard. »

Vaccinera mal qui vaccinera le dernier. Yallah ! 

Tout cela, vous l’avez compris, n’est qu’un scénario fictif, même si, entre nous, il me paraît plus réaliste que la réalité.

Dans tous les cas, et je vais le dire sans ménagement et sans mesure : la décision de l’obligation du Pass Vaccinal, à la vitesse à laquelle elle a été prise, et de la manière qu’elle a été prise, est une des plus stupides, des plus illogiques, des plus arbitraires et des plus difficiles à mettre en pratique, qu’a pris un gouvernement contemporain. 

Il n’y avait qu’à aller se promener jeudi, jour du début de son application, pour constater de visu que de points de contrôle aux portes des lieux mentionnés noir sur blanc dans le communiqué de ministère de la santé, il n’y en avait point. La raison est toute simple : il n’est pas possible de former, du jour au lendemain, des cafetiers, des restaurateurs ou des boulangers, et encore moins des masseurs ou des masseuses de hammams, au métier dur et ardu de contrôleur et de contrôleuse. Puis, où sont toutes ces ressources humaines qui devront contrôler si le contrôle a été bien fait. 

Enfin, qui pourrait croire, une seconde, qu’on puisse contrôler quoi que ce soit dans les quartiers populaires et surtout populeux. Ceux qui le croient sont soit très naïfs soit très aveugles. 

Avant de finir, je suis obligé de dire, même si je ne suis pas un expert de la chose, que c’est nous prendre pour des imbéciles que de vouloir nous faire croire que la raison de l’obligation du Pass, c’est pour mettre fin à la propagation du Covid. 

Tous les scientifiques et tous les spécialistes, y compris dans notre pays, n’arrêtent pas de nous mettre en garde, en affirmant que même vaccinés, nous pouvons attraper le virus et le transmettre. 

En réalité, je n’ai pas besoin de ces scientifiques et de ces spécialistes pour me convaincre de cette vérité puisque votre serviteur et sa douce moitié, malgré nos deux vaccins dans les épaules, et nos beaux Pass dans les poches, nous avons attrapé, il y a à peine quelques semaines, cette maladie hideuse et périlleuse, qui nous a fait passer un très mauvais quart d’heure qui a duré près de 3 semaines.

Alors, de qui se moque-t-on ? 

Une dernière remarque sous forme de question : ce fameux Pass Vaccinal, c’est pour nous protéger et nous prémunir ou bien pour nous mettre aux ordres et nous ré-apprendre à obéir ? 

En attendant une réponse qui ne viendra probablement jamais, je vous souhaite un très bon weekend, et je vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit.