Par Mohamed LAROUSSI

A l’heure où je commets ces lignes que je ne voudrais pas assassines, mais un peu quand même, on ne sait pas grand-chose de la composition du prochain nouveau gouvernement, à part qu’ils ne seront finalement que 3 formations à se partager la récolte.

Je ne dis pas gâteau, parce que j’aime beaucoup la pâtisserie et elle ne fait pas toujours bon ménage avec les calculs politiques, et je ne dis pas non plus butin, parce qu’après tout, et quoi qu’on puisse imaginer ou supposer, cette victoire, elles ne l’ont pas tout à fait volée. 
Je disais donc que ce qu’on sait pour l’instant, c’est que les 3 partis arrivés premiers, ont décidé de constituer, disent-ils, une équipe “soudée” et “cohérente”, laissant les autres qui sont plusieurs, certes, mais qui, quantitativement, ne font pas trop le poids sur la balance. 


Et à propos de balance, le parti qui en a choisi le symbole a fait preuve, depuis le début, et même bien avant, d’un calme inouï et d’une modération exemplaire. Il est vrai qu’il n’est plus très jeune et qu’avec l’âge on devient, théoriquement, plus sage, mais là, chapeau !

Il faut dire aussi qu’avec son ancien patron qui s’était exilé momentanément en Turquie avec l’espoir de faire oublier ses déboires, ce parti revient de loin. Il risquait même de ne plus revenir. Je parle du parti, pas de l’ex boss qui, lui, non seulement est revenu au bled, mais il a poussé le culot jusqu’à se présenter, lui et une partie de sa smala, sous les couleurs vaguement rouges d’un parti dont on n’entendait plus parler depuis longtemps. Il s’est présenté, et il gagné. Comme quoi, une girouette, ça ne donne pas toujours que du vent. Maintenant, entre nous, élu ou pas, ne comptez pas sur lui pour changer quoi que ce soit, sauf, sans doute, le niveau de ses comptes bancaires. 

En attendant, attendons de voir ce qu’on va donner comme postes ministériels à ce parti pour voir s’il a bien fait d’être aussi calme et aussi gentil. 
L’autre parti gagnant qui est arrivé, malgré de nombreux sièges perdus par rapport au précédent scrutin, à arriver second alors qu’il rêvait d’être le premier, lui, mériterait une chronique à lui tout seul. 
D’abord, on dit de lui qu’il est positionné sur l’échiquier politique au “centre gauche”. 

Ah bon ? Quel centre et de quelle gauche ? Oui, c’est vrai qu’à un moment donné de sa courte histoire, on a vu certains militants ou ex militants de gauche, voire de l’extrême gauche, être aux devants de cette formation créée de toutes pièces pour, nous disait-on, les besoins de la cause. J’ai même des amis qui font encore plus ou moins partie de ce parti qui change plus vite que son âge, qui continuent de croire en une hypothétique relève qui remettrait la gauche historique sur les rails.

En tout cas, à croire certains de ses propres dirigeants, il n’’est ni de gauche, ni de droite, ni du centre, mais de là où il y a quelque poste ministériel ou autre à prendre. Et à ce propos, le changement, du jour au lendemain, du discours de son actuel bedonnant et râlant leader, ne donne pas une image très nette, ni très sérieuse de ce parti cosmopolite, hétérogène, hétéroclite, disparate et surtout orphelin, depuis que qui vous savez a décidé de le laisser aller au gré du soleil et du vent.

Et enfin, j’arrive au premier sur la liste d’arrivée, le bon élève travailleur et assidu, le fils de bonne famille, celui auquel tout réussit, celui que personne ne semble aimer, parce qu’il est très riche, mais que tout le monde envie, justement, parce qu’il est très riche, et enfin, celui que beaucoup demandaient à boycotter, mais, bizarrement, beaucoup également ont voté pour lui et pour ses très nombreux et très nombreuses ami(e)s.

Maintenant, si vous vous attendez à ce que je lui tape dessus, aussi, lui et son parti, vous risquez d’attendre longtemps. Eh bien, non ! Et vous savez pourquoi ? Tout simplement, tant que les noms de nouveaux ministres ne sont pas connus, je me dis que j’ai encore une chance. Et même si cette chance est minime, ne serait que que parce que je suis un électron libre et que mon profil est loin d’être le profil-type d’un ministrable politiquement, socialement et intellectuellement correct, je ne voudrais pas griller cette chance.

Je pourrais même revoir mes ambitions démesurées et incohérentes à la baisse, et me contenter d’un petit poste de rentier, du genre membre d’une commission qui réfléchit sur tout et sur rien ou d’un Think Tank qui n’en pense pas moins.
Après, s’il ne m’appelle pas et s’il ne me propose rien, je sais ce que j’aurais à faire. Le voilà prévenu. Après avoir parlé des futurs nouveaux gouvernants, je vais attaquer maintenant ceux qui ont perdu ou plutôt, pour être sympa, qui n’ont pas gagné.Je vais commencer par celui qui a tout perdu, y compris le peu de dignité qui lui restait encore.

Bien sûr, il s’agit du parti dit de la rose fanée. A vrai dire, j’ai toujours été proche de ce parti, même du temps où, du haut de mes idées “révolutionnaires”, je lui reprochais de n’être qu’un parti “réformiste”. J’ai eu beaucoup d’amis qui militaient dans ce parti, mais la plupart en sont partis depuis qu’ils ont vu qu’il partait vers la dérive et vers le néant. En tout cas, son insistance exaspérante à vouloir absolument rejoindre le gouvernement est désespérante.

Je vais dire un dernier mot sur un autre parti pour lequel j’ai également de la sympathie, et dont je peux targuer d’avoir encore quelques bons amis et… camarades. Je voudrais juste saluer ses dirigeants pour avoir su, au bon moment, garder, justement de la dignité, et ne pas demander et donc accepter des miettes et des placettes, ce qui risquait de les mettre encore plus dans l’embarras. 
Quant aux autres partis, désormais, pour certains, dans une opposition plus ou moins forcée, tout ce qu’ils peuvent faire, c’est d’essayer de se faire entendre. Par exemple, en sifflant. 

En attendant qu’on m’appelle – ou pas – je vous souhaite un très bon weekend et vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit.