Par Mohamed LAROUSSI

Chacun dira ce qu’il veut, mais, moi, je le dis aujourd’hui haut et fort : le Maroc est vraiment le pays des miracles. Les preuves, il y en a à la pelle. 
Je vais commencer par le commencement : la pluie.

Alors que tous les indicateurs montraient que cette année allait connaître une des pires sécheresses de notre histoire, que notre gouvernement avait déjà préparé les enveloppes pour aider toutes les catégories de la population, notamment celles qui ne vivent ou ne survivent que grâce à cette pluie, que le soleil du printemps brillait comme s’il était en été au point qu’on se préparait déjà à aller faire bronzette avant l’heure, voilà que le ciel s’est mis soudainement à s’assombrir, signe qu’il allait nous gâter avec ses averses si bienfaitrices, chose qu’il n’a pas manqué de faire, à la grande surprise des météorologues et à la grande joie de l’ensemble de la population, y compris les citadins, et pas seulement ceux qui ont des jardins. 

Le plus sympa de l’histoire, c’est que cette pluie a arrosé quasiment tout le pays, même certaines régions qui n’avaient pas vu autant d’eau depuis bien longtemps. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, la pluie a ramené avec elle sa cousine la neige qui, comme chacun sait, c’est de l’eau à retardement. Et tout cela pour faire barrage à tous les inconvénients de cette satanée sécheresse que nous ne connaissons que si bien.

Savez-vous combien cette pluie va sauver comme superficie de cultures, en particulier les céréales qui permettent de nourrir tellement de bouches dans ce pays ? 1 million d’hectares ! Oui, vous avez bien lu : 1 million d’hectares de bon blé, dur ou tendre, qu’importe, d’autant plus qu’on ne peut même plus en importer comme avant, pour les raisons que vous savez. 
Ce n’est pas un miracle, ça ? 

Bien sûr, on a eu recours aux prières rogatoires, mais, dois-je rappeler qu’entre le moment où ces prières ont été effectuées et celui où les pluies abondantes ont commencé à tomber, il y a eu un bail. Mais, bon ! Comme dirait l’autre, l’important, c’est l’arrose.

Le 2ème miracle, vous l’avez sûrement deviné, c’est notre réconciliation avec notre plus proche voisin du Nord, au grand dam de notre plus proche voisin de l’Est et néanmoins meilleur ennemi qui ne sait plus à quel saint se vouer. 

Certains attribuent la volte-face positive de nos amis espagnols à des raisons purement économiques, sachant qu’ils ont beaucoup perdu depuis que le Maroc a commencé à jouer avec eux d’égal à égal. Et alors ? L’essentiel, c’est que ce sont eux qui se sont dégonflés et pas nous ! 

Qu’est-ce qu’on va pouvoir s’amuser de nouveau ! Merci qui ? 

Le 3ème miracle, c’est le gaz de Larache. Vous croyez que je l’avais oublié ? Mais, non, pas du tout ! C’est vrai que jusqu’à présent on n’a encore rien vu, mais il faut savoir qu’il faut beaucoup de temps avant de pouvoir en profiter. Et puis, je ne crois pas qu’on soit en train de nous raconter des bobards juste pour embêter qui vous savez. 

En vérité, qu’est-ce qu’on aurait été heureux si on pouvait extraire ce gaz, maintenant, alors qu’on en a si grandement besoin, et surtout si on pouvait commencer à l’exporter à un moment où la demande est devenue si forte parce que l’offre est devenue si réduite. Oui, mais, on ne peut pas tout avoir en même temps.

Le 4ème miracle c’est bien évidemment la qualification de notre équipe nationale au prochain mondial, après une victoire sans appel, mais à l’arraché quand même, sur une équipe qui n’était pas si facile que ça. Si j’ai laissé cet exemple en dernier, ce n’est pas parce qu’il est le moins important, mais parce que j’en avais déjà très largement parlé la semaine dernière. Et si j’en reparle cette semaine encore, c’est tout simplement parce que j’ai reçu plusieurs messages de lecteurs et lectrices qui me reprochaient d’être un éternel insatisfait, et qui me conseillaient, voire me sommaient, d’arrêter de toujours tout critiquer.

Alors non seulement je ne vais pas m’arrêter, mais en plus je vais continuer de croire et de le clamer que notre pays ne tient le coup que grâce aux miracles et que sans tous ces miracles qui nous tombent du ciel ou qui sortent de terre, on serait vraiment à plaindre. D’ailleurs vous voyez bien que même avec tous ces miracles, la vie n’est pas aussi gaie et aussi prospère qu’on pourrait l’espérer. Je n’en dirai pas plus.

En attendant d’autres miracles ou assimilés, je vous souhaite un très bon weekend, et je vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit.