Le but de l’égalisation inscrit par le Wydad de Casablanca contre l’Espérance de Tunis est valide, sans l’ombre d’un doute. Le refus par l’arbitre de le comptabiliser est scandaleux. Et, depuis que l’on a ouvert les yeux sur la chose footballistique, on nous a appris que les décisions arbitrales ne font l’objet d’aucun recours, l’homme en noir étant le seul maître du jeu.

Or, depuis l’avènement du VAR, cette fameuse technologie d’assistance vidéo à l’arbitrage, les erreurs se font moindre quand, bien sûr, l’arbitre central y a recours. Car il faut savoir que lui seul est à même de décider s’il a besoin d’une assistance par l’image ou pas. Rien ne l’y oblige. Il n’appartient en aucun cas aux joueurs ou au staff technique de réclamer le recours au VAR, cela relève du pouvoir discrétionnaire exclusif de l’arbitre.

Et c’est là où les joueurs du WAC, et ceux qui les conseillaient, ont commis une erreur fatale. Au lieu de multiplier les protestations et éterniser les complaintes, il fallait enregistrer un recours technique et continuer le jeu. Car le règlement est clair : se retirer d’un match, ne pas le terminer, pour quelque raison que ce soit, est synonyme d’exclusion et de défaite sur tapis vert. L’équipe risque aussi une suspension de deux ans des compétitions continentales, aggravée après le refus d’assister à la cérémonie de remise des Prix.

Même si le cœur n’y était pas et ce profond sentiment d’injustice, jamais le retrait d’une rencontre n’a été la solution et la direction du WAC en assume la pleine responsabilité.

Malheureusement, la gestion de ce match par les marocains s’est faite par l’émotion et les sentiments, certes suite à une flagrante injustice, alors que les tunisiens ont opté pour la pression psychologique tout en respectant, avec intelligence, le règlement.

Ce soir, reconnaissons-le, on a découvert que le Maroc n’avait aucun poids au sein des instances du football africain, aucune influence, aucune capacité de réagir et de gérer, en temps voulu, à une crise comme celle de Radès. On a vu les limites d’un Faouzi Lakjaa et d’un Saïd Naciri. Quant au président du Comité national olympique, Fayçal Laaraichi, et son ministre de tutelle Rachid Talbi Alami, ils sont aux abonnés absents.

Le scandale de ce soir n’est pas le premier et ne sera certainement pas le dernier si les pouvoirs publics ne changent pas radicalement leur stratégie en matière de politique sportive et savoir imposer une nouvelle gouvernance au sein des instances africaines. Le Maroc a besoin de personnalités de la tempe du général Benslimane, d’un Saïd Balkhayat ou d’un Abdellatif Semlali, sans conteste meilleur ministre des Sports de tous les gouvernements marocains.

A quelques semaines de la Coupe d’Afrique des Nations, la grande injustice de Radès a été rendue possible parce que personne n’a bougé le petit doigt quand deux équipes nationales, non moins importantes que le WAC, ont subi le même sort en coupe de la CAF face à la Renaissance sportive de Berkane dirigée par le président de la FRMF et accessoirement directeur du budget au ministère des Finances.

C’est ce mélange des genres et ce sentiment de deux poids deux mesures qui affaiblissent nos positions et ne permettent pas au sport marocain de décoller et de retrouver la place qui lui sied.

Abdellah El Hattach.