Il n’est plus un secret que nos finances publiques vont mal, nos PME battent de l’aile et notre économie est dans l’impasse. Pour faire court, tous les clignotants d’alarme sont au rouge.

Que faire devant ce sinistre constat, d’autant plus que les réalisations de 2019 ne sont pas non plus probantes, pour moult raisons ne serait-ce que parce que le taux de croissance prévisionnel dans la zone Euro demeurera faible jusque l’horizon 2022 ?

Ou soit le gouvernement persiste dans le déni- faire l’impasse sur l’impasse-jusqu’à l’arrêt cardiaque et le pays passera d’office sous la tutelle du FMI et d’un PAS (Programme d’ajustement structurel) forcé, ou soit il mettra en place un programme volontariste de restructuration de notre économie à l’appui d’une politique de réorientation des choix qui ont mené à l’impasse.

Pour ce faire, le Maroc a besoin d’un gouvernement d’Union Nationale, pour ne pas dire un gouvernement de « Salut ». Pourquoi ?

Parce que les mesures qui s’imposent aujourd’hui sont des mesures douloureuses, nécessitant beaucoup de courage et de volontariat. Cela ne peut se faire sans un élan consensuel et responsable de toute la classe politique.

Le Maroc ne peut plus se permettre le luxe de vivre au-dessus de ses moyens. Car, aujourd’hui le problème, ce n’est plus celui de financer la croissance par la dette ; mais c’est plutôt de financer une croissance réduite à la portion congrue par la dette. Une situation Sisyphienne, s’il en est !

Les mesures envisageables porteront sur le coût de fonctionnement de l’appareil de l’Etat, sur la réduction des importations, sur la cherté du crédit bancaire, sur la gouvernance des PME et de l’administration et sur l’évasion fiscale….etc.

Last but not least, les partis politiques de même que les syndicats doivent faire preuve de réalisme et de pédagogie vis-à-vis de leurs troupes pour expliquer et convaincre que le moment est difficile et l’heure grave, pour ne plus se livrer à la surenchère des revendications qui ajouteront la crise à la crise ou encore aux querelles de chapelles, qui n’ont apporté à notre pays que des tensions sociales et ne font que nourrir les ressentiments !

Mostafa MelgouChercheur en économie et Expert du secteur bancaire et financier. Ancien cadre supérieur de plusieurs groupes bancaires dont notamment la BMCI, la Saudi French Bank à Jeddah, Sahara Bank en Libye, et ABNAMRO Bank. Il est co-fondateur de la plateforme ANALYZ.MA