Par Mohamed Laroussi

C’est aujourd’hui que débute le mois sacré du ramadan dans notre pays, et cela aurait été mal vu, voire mal interprété que nous n’en parlons pas. Comme notre plateforme vient, elle aussi, de démarrer, nous ne voudrions pas que l’on nous taxe de renégats ou d’apostats. En vérité, les champs d’intérêt et d’activité de nos principaux intervenants sont plutôt l’économie, la politique, les finances, les nouvelles technologies, mais nous nous intéressons aussi à tout ce qui intéresse la société, comme la culture, les arts, le sport, et bien entendu, en passant, pourquoi pas, la religion.

Rassurez-vous, nous ne comptons pas trop approfondir ce dernier champ, ne serait-ce que parce que nous n’avons personne parmi nous qui soit spécialiste de cette chose si importante, certes, mais aussi, si prise de tête. Pourtant, je vais me hasarder, dans le présent édito, à l’aborder, un peu à manière, en espérant ne pas trop me mélanger les pinceaux, et surtout ne pas compromettre mes collègues et ami(e)s, et donc, cette si belle plateforme qui nous abrite et qui nous unit. 
Avant de commencer, j’aimerais tout d’abord souhaiter un très bon ramadan à tous ceux et à toutes celles qui le font, que ce soit par conviction ou juste par obligation sociale, familiale ou parentale, ainsi qu’a toutes les personnes qui ne peuvent pas ou qui ne veulent pas le faire, ce qui est, ma foi, parfaitement leur droit. Qu’on soit d’accord ou pas, la loi actuelle est ainsi faite. Et en attendant un jour, qui sait, que chacun aurait le droit de le faire ou de ne pas le faire, sans risquer que sa vie ne devienne un enfer, la seule solution possible c’est de faire semblant.

Au fond, le ramadan n’est pas mauvais en soi. Le jeûne serait même très recommandé pour notre santé physique et mentale. Mais, plusieurs éléments peuvent déranger les esprits des gens plus ou moins modernes ou plus ou moins modernistes. 
Le premier exemple que nous allons donner, c’est le sursaut de religiosité et de piété très apparent qui s’accapare de la plupart de nos compatriotes, à commencer par nos propres proches, dont nous ne connaissons que trop leur éloignement, durant toute la période restante l’année, de tout ce qui est pratique religieuse. Ce qui est encore plus étrange, c’est que beaucoup de ces nouveaux pratiquants et, aussi, de ces nouvelles pratiquantes, deviennent des experts et des expertes en la matière et se croient soudainement investi(e)s d’une mission salvatrice des âmes perdues.

Le second exemple, c’est l’engouement pour ne pas dire la rage qui saisit la presque totalité des ménages, avant et pendant le mois de ramadan, pour toutes les dépenses qui concernent la bouffe. Nous pouvons comprendre qu’il faut bien manger, après avoir jeûné toute une journée, mais là, quand nous voyons tout ce que nous dépensons, tout ce que nous achetons, tout ce que nous préparons et, il faut bien le dire aussi, pour certains et pour certaines, tout ce que nous mangeons, il y a, à notre sens, un immense problème d’irrationalité économique et financière. Mes collègues et ami(e)s seraient plus à même de vous expliquer le pourquoi du comment des déséquilibres qui pourraient être causés par toutes ces dépenses démesurées et insensées, mais, sans vouloir trop m’aventurer, je pense, quant à moi, que cela ne devrait pas être très bénéfique ni pour la caisse de la maison, ni pour celle du pays.

D’ailleurs, en parlant du pays, je ne crois pas qu’il en sort de ce long mois en grande forme, économiquement parlant, mais heureusement que la vie reprend aussitôt après avec ses bonnes, mais aussi avec ses mauvaises habitudes, dont certaines sont plus ou moins interdites à la fois par la religion et par la loi, mais qui alimentent si bien le trésor public en sous si nécessaires à nos équilibres macro et micro-économiques. 

Vous voyez, le ramadan vient à peine de commencer, et j’ai commencé moi aussi à me prendre pour un expert.
Très bonne semaine, et à mardi prochain pour un nouvel édito.