Dr Najib SOMOUE, Analyste financier et expert en économie

L’ordre économique mondial de l’après covid 19, serait caractérisé par la nécessité d’établir un cadre de coopération internationale solide et durable. Surtout que les stratégies de relance économique les plus réussies seront celles basées sur le co-développement et l’investissement dans les chaines de valeurs régionales pour accélérer les processus de création de la richesse économique et le rétablissement des paramètres de croissance au niveau des secteurs clés de chaque économie.

Dans ce cadre, le Maroc a lancé une stratégie de reprise économique, axée sur l’investissement de plus de 12.3 milliards de dollars et la création du fonds Mohamed VI de l’investissement stratégique  qui aura pour objectif de contribuer au financement des grands projets d’investissement et les accompagner, aux niveaux national et territorial, dans le cadre de partenariats avec le secteur privé, et de contribuer par le biais de fonds sectoriels ou thématiques, au capital de petites ou moyennes entreprises. Selon le la Loi n° 76-20, ce fonds sera en charge de l’accompagnement des projets d’investissement qui concernent les domaines jugés prioritaires par le Fonds, et ce à travers une ingénierie financière pragmatique et de haute technicité au niveau du monitoring et la due diligence. 

Dans cette même dynamique, le Maroc a lancé une des meilleures stratégies continentales de la protection sociale. Ce programme comprend plusieurs volets ; à savoir la généralisation de l’Assurance maladie obligatoire, à fin 2022, la généralisation des allocations familiales durant les années 2023 et 2024, l’élargissement de la base des adhérents aux régimes de retraite pour inclure environ 5 millions de personnes qui exercent un emploi et ne bénéficient d’aucune pension à horizon 2025, et la généralisation de l’indemnité pour perte d’emploi durant l’année 2025 pour couvrir toute personne exerçant un emploi stable.

Ces initiatives donnent une idée sur les dimensions gigantesques du nouveau cadre de développement du Maroc qui sera adopté prochainement, et la volonté de sa majesté de transformer les mécanismes de croissances économiques et le développement humain pour garantir l’ascension de notre pays dans le club des pays émergents, et placer notre économie dans le top 35 d’ici 2035.

Le Maroc possède une vision stratégique pour jouer un rôle important dans la dynamique de la zone de libres échanges du continent africain (ZLECAF), et vise l’investissement et le renforcement des plateformes logistiques surtout dans les régions du sud du pays, et le développement d’une offre énergétique diversifiée. Ces orientations vont permettre à notre pays d’être un pont économique entre les dynamiques africaine, européenne et américaine, et de lier le projet chinois de la route de soie avec un marché de 1.3 milliards de consommateurs. Ce qui signifie que le Maroc serait la clé stratégique de la chaine de valeur méditerranéenne, et cette position serait renforcée par la construction du tunnel entre l’Europe et Tanger (soit avec l’Espagne, soit avec le Royaume Uni/Gibraltar).

La reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara et l’ouverture d’un consulat américain à Dakhla (sud du Maroc), sont un signe de confiance de la part de la plus grande puissance économique mondiale. Et dans ce cadre, les Etats-Unis est engagé à investir 5 milliards de dollars dans la région du Sahara avec une possibilité de financement arrivant jusqu’à 500 millions de dollars pour chaque entreprise américaine qui vise un positionnement dans la dynamique du Sahara.

Ce processus aura des effets positifs sur les performances économiques de la région et permettra le développement de plusieurs secteurs d’activités comme le secteur des Smart Cars, la métallisation des « crypto-Currency », l’intelligence artificielle, l’internet des objets (IoT), l’agro-industrie, les énergies renouvelables solaires et maritimes, l’industrie maritime, la biotechnologie et plusieurs secteurs de très haute valeur ajoutée.

Et pour relever les défis économiques de la région du Sahara, le Maroc a lancé en 2016 le modèle de développement des provinces de sud, qui vise à renforcer le climat régional des affaires avec des investissements qui dépassent 8 milliards de dollars. Les projets de ce modèle de développement vont permettre à titre d’exemple de renforcer l’axe logistique routier de Stockholm-Abuja via El-Guergarate, développer la cartographie nationale des ports avec la construction du port de Dakhla-Atlantique, diversifier l’offre de formation académique et professionnelle de la région et la transformation globale de performances économiques et sociales des provinces du sud.

Les partenaires traditionnels du royaume, et surtout l’Espagne, doivent être clairs dans leurs positions par rapports aux causes sacrées du Maroc, notamment la cause du Sahara Marocain. Dans ce sens, il est à rappeler que la formule de réussite des processus de reprises économiques dans les pays européens se trouve dans la dynamique économique régionale et continentale que crée le Royaume du Maroc, surtout au niveau des positionnements dans les nouveaux marchés africains, la quatrième révolution industrielle, l’agenda économique mondial de l’après l’ère du pétrole, les nouvelles chaines de valeurs régionales et les axes logistiques et commerciaux Sao Paolo – Istanbul et Londres – Cape Town.