Les inégalités se creusent entre les plus riches et les plus pauvres. Ainsi, plus de 15 millions de Marocains vivent sous le seuil de pauvreté sur l’échelle de l’IMP (Indice Multidimensionnel de la Pauvreté).

Précarité, pauvreté et exclusion, sont le corollaire des inégalités économiques et sociales. Les 15 % des ménages les plus riches s’accaparent près de 40% du PIB, alors que les 15 % les plus pauvres n’en détiennent même pas 1%. Faites le rapport !!! Et ces inégalités ne font qu’augmenter au fil du temps.

Lutter efficacement contre la pauvreté passe nécessairement par une refonte de notre système de redistribution socio-fiscal, qui demeurent le ressort le plus direct pour consolider les effets redistributifs.

En effet, le rôle de l’impôt est non seulement de renflouer les finances publiques, mais il constitue aussi un levier de redistribution équitable des richesses, en modifiant le comportement des agents économiques.

Il s’agit de choisir entre un système d’assistanat qui incite à la paresse, humiliant de surcroît, et une société où la solidarité nationale constitue un devoir et une source de développement mutuel.

Choisir la solidarité suppose en matière budgétaire une réelle redistribution de la richesse nationale qui passe, entre autres, par une augmentation du nombre des tranches d’imposition et par l’adoption de mesures fiscales favorables aux collectivités locales et aux communes, qui doivent être en première ligne dans la lutte contre la pauvreté.

La lutte contre la pauvreté ne sera efficace que si elle s’appuie sur une réforme de fond de notre politique redistributive de notre PIB, en terme de PPP. Tel est l’un des principaux enseignements que nous pouvons tirer des politiques menées ces dernières années.

Mostafa MelgouChercheur en économie et Expert du secteur bancaire et financier. Ancien cadre supérieur de plusieurs groupes bancaires dont notamment la BMCI, la Saudi French Bank à Jeddah, Sahara Bank en Libye, et ABNAMRO Bank. Il est co-fondateur de la plateforme ANALYZ.MA