Par Najib BENSBIA

Le 1er tour des élections législatives françaises ont un acteur triomphant : l’abstentionnisme (52 à 53% du corps électoral). C’est énorme ! C’est même alarmant, car cela institutionnalise dans la durée une tendance politiquement placide qui a commencé en 2012 (44,60%), qui s’est aggravée en 2016 (57,36%) et qui semble s’inscrire en acteur majeur de l’indifférence à l’égard des institutions républicaines et de l’implication citoyenne dans la vie institutionnelle nationale. Or, au-delà des chiffres, c’est la vie démocratique qui est en jeu.

Est-ce normal pour un pays dont la population ne se reconnait plus, pour plus de la moitié des citoyens, en ses ‘’leaders’’ ? Un son de cloche néanmoins ‘’optimiste’’ tempère cette atmosphère délétère : l’arrivée en tête de ce 1er tour des candidats de la gauche et de l’extrême gauche réunis sous l’étendard de la Nouvelle Union Populaire, Écologique et Sociale – NUPES. Ce résultat partiel réconforte une analyse que nous faisions ici même présupposant que le socialisme ne serait pas mort mais simplement en veille pour un nouveau retour.

Certes, la NUPES n’a pas forcément cet identifiant socialiste tel qu’on le connaissait jadis. Il n’en reste pas moins qu’avec 25,6% des suffrages exprimés le 12 juin en France (contre 25,2% pour ‘’Ensemble’’), on n’en est pas loin, en ce sens que la vision, le projet commun et les ambitions sociopolitiques de cette union se situent bien à gauche de la droite macronienne, de celle républicaine (LR) et de l’extrême droite toutes tendances confondues. Cette alliance des diverses gauches peut être considérée comme étant à la fois la négation de la droite macroniste et des autres droites, notamment celles extrêmes.

Bien sûr, l’utilisation ici de la notion ‘’gauche’’ est faite avec toutes les précautions d’usage quant-à la politique publique qu’une telle coalition aurait à mener dans un environnement mondial, économique et géopolitique en proie à toute les incertitudes que nous vivons actuellement.

La droite classique est finie

Un premier regard sur les résultats du 1er tour des législatives françaises du 12 juin dernier dresse un tableau politique assez clair : La droite classique, représentée en Les Républicains (LR) est laminée. L’extrême droite, malgré sa défaite aux présidentielles du 24 avril, a réussi la gageure de se placer 3è force du pays avec 19, 1%, loin devant la famille politique des De Gaule, Pompidou et Chirac.

Pire ou pis, il semble bien que la quasi-majorité des Français n’en veulent plus. Mais est-ce que le message sera entendu par un parti qui devrait se dissoudre dans une autre mouvance tant elle n’a plus de vision pour la France réellement républicaine et moins encore de place viable sur l’échiquier partisan français ? Rien n’est moins sûr, les politiques perdants n’écouta t que le son de leurs propres chimères.

Il est d évidence qu’aujourd’hui l’électorat français est émietté entre une gauche pluri-tendances qui n’a pas encore retrouvé toute sa verve mais qui re-perce tout de même, une droite extrême dont la voix porte de plus en plus haut (ce qui est un risque, voire un danger en soi) et un entre deux (LREM, aujourd’hui réunie sous le slogan ‘’Ensemble’’, ce qui est une bizarrerie bien française) qui n’est ni vraiment à droite ni encore tout à fait à gauche, mais certainement pas au centre.