Par Mohamed LAROUSSI

Qui ne connaît pas cette célèbre exclamation lancée par Édouard Balladur à ses partisans au soir de la proclamation des résultats du premier tour de des élections présidentielles françaises de 1995 ? Si je l’ai choisie comme titre à la présente chronique, c’est juste pour exprimer mon agacement et mon exaspération pour la communication aberrante et étouffante avec laquelle nos gouvernements, ceux d’avant et celui d’aujourd’hui, n’ont pas cessé de nous assommer tout au long de ces deux dernières années. 

Certes, cette pandémie était sérieuse et inédite autant par sa forme que par son impact national et mondial, mais de là à en profiter pour nous prendre pour des sourds, des séniles ou des imbéciles, c’est un pas que ces gouvernements n’ont pas hésité à franchir et, apparemment, ils y trouvent un malin plaisir. 

Je crois que j’avais déjà eu l’occasion dans le passé d’aborder ce sujet, même si par honnêteté intellectuelle, je ne manquais jamais d’accorder les circonstances atténuantes à ces hautparleurs assourdissants avec leur discours redondants, conscient que j’étais de la gravité de cette pandémie et de l’extrême nécessité pour nous de rester vigilants pour rester vivants. Mais, trop, c’est trop !

Je sûr que vous avez remarqué que la politique de communication de nos gouvernements successifs, pour ce rayon spécifique du Covid, n’a presque pas changé depuis le début, et ce, quelle que soit l’évolution négative ou positive de cette vilaine pandémie : les mêmes litanies, les mêmes injonctions, les mêmes rappels, les mêmes termes vaguement scientifiques, les mêmes « experts » verbeux avec les mêmes verbiages etc.

Une autre caractéristique et non des moindres de cette politique de communication qui n’en est pas une, c’est l’improvisation incroyable mais bien réelle avec laquelle ces gouvernements ont pris certaines décisions, souvent à la hâte, à la dernière minute, et avec un contenu et une forme qui vont à l’encontre de toute logique et de tout entendement. 

Je ne vais pas vous faire l’affront de vous donner des exemples de ces décisions, parfois centralisées et parfois décentralisées, mais presque toujours excentriques. Je sais que vous vous en rappelez comme de vos plus gros bobos persos. Par contre, permettez-vous d’aborder avec vous cette manie devenue un rituel quotidien, ces bilans qu’on nous présente tous les jours de la semaine que Dieu fait, dimanche et jours fériés compris, avec ces chiffres grossis, soulignés ou en couleurs, du rouge sanguin au vert printanier, et du rose bonbon à l’orange douteux.

Ces bilans sont communiqués par les services dédiés du ministère concerné, en l’occurrence celui de la santé, après probablement un contrôle de qui de droit, sont publiés bien évidemment par les médias écrits et parlés, sans oublier nos chaînes de télévision qui les utilisent, sauf rares exceptions, comme ouverture de leur journal principal du soir, et n’oublient jamais les rappeler, plus tard, dans leurs journaux de fin de soirée. Et cela, je le répète, dure depuis toujours et encore jusqu’à aujourd’hui. Trop, c’est trop, vous dis-je ! 

Oua ba-ra-ka !!! 

En vérité, si je suis revenu aujourd’hui à la charge avec autant de rage, c’est parce que depuis le début, non seulement on nous présente ces bilans avec la même assiduité, mais aussi et surtout avec la même intonation, quels que soient les chiffres communiqués. 

Qu’il y ait 1 000, 5 000 ou même 10000 cas « positifs », ou plus par jour, ou seulement une centaine ou une cinquantaine, comme c’est le cas ces derniers jours, ces messieurs et ces dames des médias, et surtout de la télévision, n’en tiennent aucune rigueur et ne semblent y voir aucune différence ! Ils et elles, pour nous effrayer, vont jusqu’à commencer parfois, d’abord, par le nombre de décès, même si celui-ci ne dépasse pas le chiffre de 3 ou 5 personnes, paix à leurs âmes, alors que tout le monde sait qu’on meurt, hélas, aujourd’hui, comme hier et comme demain, sûrement beaucoup plus de maladies plus graves ou plus bénignes que le Corona.

Eh bien, malgré cela, nos gouvernants, à travers leurs communicants continuent de nous taper dessus avec leur communiqués répétitifs et leurs conseils rabâchés. 

Alors que la situation sanitaire est 1 000 fois meilleure qu’au début et 10 000 fois mieux qu’ailleurs, et alors que le gouvernement lui-même a décidé, à très juste titre d’ailleurs, d’annuler presque toutes les décisions contraignantes et handicapantes qu’il avait prises auparavant, dont les toutes dernières – la réouverture des frontières, des stades et tout récemment les cabarets et les boites de nuit – sont absolument spectaculaires, alors que, disais-je, tout indique que nous sommes presque sortis de ce gouffre long, profond et sombre qui nous étouffait depuis 24 mois, ce même gouvernement insiste et persiste avec ses mêmes et sempiternelles campagnes de « sensibilisation » et de « m »se en garde », comme si de rien n’était. 

Vous avez dit bizarre ? 

En attendant d’avoir plus de visibilité et plus de rationalité, je vous souhaite un très bon weekend, et je vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit.