Quand on est atteint de la maladie d’amour, le temps est le seul guérisseur. Inutile de s’acharner contre soi-même en se posant mille et une question sur une personne qui a choisi de partir ou sur un amour qui n’en finit pas de mourir. Il faut laisser calmer sa peine et chanter le silence. Car quand on chante, la peine s’en va…

Ne me dites pas je t’aime…

C’est trop tôt pour moi ! J’ai toujours du mal à l’entendre d’une bouche autre que la sienne. Elle avait sa propre façon de me le dire sans vraiment le prononcer. Lorsqu’elle disait Zmer, j’entendais je t’aime. Et voilà, maintenant je dois rééduquer mes oreilles sur un nouveau lexique d’amour, et mon nez sur un nouveau parfum. En effet, nos esprits étaient synchronisés l’un avec l’autre, et là j’ai l’impression d’avoir perdu le code d’accès à moi-même. Je bloque ! 

Et avant que je ne puisse vous le dire, laissez-moi le temps de noyer ce chagrin qui m’emporte. Je n’ai plus l’âge ni la générosité de distribuer des « je t’aime » à toutes les femmes en crise d’amour. Aussi, je n’ai plus assez d’énergie pour forcer les choses ou pour provoquer un destin qui n’est pas le mien. Ce moment de tristesse devrait durer aussi longtemps que les souvenirs défilent devant mes yeux. Aussi longtemps que je la cherche à travers les regards et que je vois son joli visage dans la paume de ma main. La meilleure façon de se débarrasser d’une peine, c’est de la vivre pleinement ! 

Attendez que ma joie revienne. Je reviendrai…

Guéri, affranchi et léger, je me moquerai de cet amour qui, peut-être, n’en a jamais été un. Avec le temps, on se rend compte que l’amour, le vrai, est celui qu’on n’a pas encore vécu, et que toutes les personnes qui ont quitté le navire, à tort ou à raison, n’étaient pas prédestinées à faire tout le voyage. Le grand voyage de l’amour n’est pas à la portée de tout le monde. Le prix en est assez cher et les gens n’ont pas tous les moyens de se le permettre. Y’en a qui se contente de peu, il faut respecter leur choix. Comme il y’en a qui se confortent dans les petites conventions sociales, et il faut les comprendre. Enfin de compte, chacun sa misère ! 

Cependant, une chose est sûre : le bonheur, ce n’est pas une omelette qu’on prépare en deux minutes !    

Mon cœur est un grand cimetière des amours mortes. J’attendrai donc d’enterrer celui-là et de faire le deuil de la défunte, aussi dignement qu’il le faudrait. Et si je ne brûle jamais la peau de celles qu’on appelle les ex, c’est justement parce que leurs âmes reposent dans mon cœur. Et puis, je reviendrai pour tracer mon chemin la tête haute comme un cabri. Je pourrai, de nouveau, sourire au soleil et composer des chansons pour une femme en quête de sens et de liberté. En bon rêveur, je vous fais la promesse d’aller ensemble au jardin de la tendresse pour cueillir la fleur d’amour.

Mais là je n’ai plus assez de tours de magie pour épater. La voix que j’entends, c’est la sienne. Et c’est trop tôt, vraiment trop tôt, pour moi pour vous dire « je t’aime » ou pour vous l’entendre dire. 

C’est la vie qui est triste, pas moi. Attendez donc que ma joie revienne !