Ayant aperçu cet agenda et sa dangerosité, telle une lame de fond, une levée de boucliers se dressa face au publicitaire Ayouch et consorts, levée opérée par un grand nombre d’intellectuels, d’enseignants et de groupes de la société civile, non seulement pour scander « no pasaran« , mais aussi entreprendre des initiatives concrètes auprès d’instances législatives et exécutives. Le combat ne fait que commencer. Il n’est pas entre partisans de la darija et ses détracteurs, mais entre connaisseurs de la langue arabe moderne et son dérivé parlé et ceux qui ne maitrîsent ni l’une ni l’autre, et dont l’ignorance est massive, protéiforme et qui plus est volontaire, c’est ce qu’on constate à l’œil nu dans leur vision biaisée et saugrenue et de la langue et de la culture.

Dénoncer ces darijistes de pacotille c’est, entre autres, en appeler à l’élaboration d’une pensée rationnelle active qui réinstaure les fondamentaux, fixe le cap des finalités, forge des hypothèses de travail, traite les anomalies et dysfonctionnements en amont et à leurs racines et s’attelle à une culture des progrès mesurables et des résultats sensibles et concluants. Et ce aussi bien face à nos problèmes épineux et endémiques en général qu’à ceux de notre système d’enseignement en particulier.

La diglossie n’est donc pas celle qu’ils s’acharnent à répandre comme idée fixe et qui n’existe nullement entre la langue arabe et son dialectal, lesquels ont depuis toujours vécu en parfaite symbiose, comme l’attestent l’usage de celui-ci dans les dialogues de nos œuvres romanesques et plus intensivement dans notre littérature des azjal, muwashahât, malhûn, etc. Non, la vraie diglossie est plutôt entre deux langues à tout point de vue différentes : graphique, grammatical, sémantique, etc., et c’est en l’occurrence l’arabe et le français.

A suivre.