Parce que les larmes des yeux sont souvent celles du cœur. Et parce que c’est le chemin qui me ramène le plus simplement possible à moi, et à ce qui est naturel en moi. C’est sans doute, la chose la plus intime, la plus précieuse que je ne partage avec personne. Jaloux de mes larmes, je les garde strictement pour moi. Le cœur se voit déborder de larmes lorsqu’il commence à battre beaucoup moins ou beaucoup plus qu’il ne le faut.  

J’ai beau me tenir à l’axe quand je me retrouve au milieu des tempêtes, il arrive un moment où je ressens le besoin de lâcher une larme d’apaisement. Cette larme si rare, si intime, qui tombe comme une rosée dans un désert, m’apporte une légèreté bienfaisante et me fait reprendre goût à la vie. Et sans chercher à comprendre quoique ce soit, c’est là que je te pardonne !

Loin d’être un signe de faiblesse extrême ou d’impuissance devant les événements, les larmes, c’est une façon sublime de dire l’espoir.

Seulement voilà, amoureux, je pleure rarement. Enfin, je peux pleurer quelquefois pendant l’amour, mais jamais après. Je n’aime pas les amours tristes qui rendent les rapports toxiques, créent de la dépendance et font d’une histoire d’amour, une véritable machine de torture. Je préfère les amours pétillantes qu’on vit dans la complicité et la bonne humeur. Et puis, c’est complètement ridicule de faire comme dans les films et verser des larmes pour quelqu’un qui ne reviendra pas. 

Certes, certains départs laissent de grosses blessures derrière, mais pour la dignité, il ne faut les arroser par les larmes du regret. Cela ne fera qu’endurer la peine, de toute façon. Et puis, le mot départ porte en lui-même l’idée d’une situation nouvelle qu’on doit gérer. Que l’on quitte l’autre ou que l’on se fasse quitter par lui, on est déjà dans l’après. Là où pleurer, ça sert à rien !

Pleurer, pour qui ? Pour quoi ? 

Quand on a la chance d’avoir beaucoup vécu, on devient un peu difficile à impressionner. L’avantage, c’est qu’aucune personne ne détient le monopole de nos souvenirs ou peut prétendre que c’est à elle que dois ce que tu es. La manipulation commence lorsqu’une personne qui a séjourné pendant quelques semaines, quelques mois ou quelques années dans ton monde, prétend te connaître mieux que toi-même, et avoir été la chance de ta vie. Toi, oui toi, qui as fait le voyage du vent et du feu !!!

Les choses et les gens se ressemblent à quelques nuances près. Les paroles sont les mêmes. Les voyages sont les mêmes. Les corps sont les mêmes. Les mensonges, les déceptions, les trahisons, le plaisir, la tendresse, l’extase… L’amour trafiqué dans les bras de la première venue. Si ce n’est que cela, eh bien rien à regretter, rien à pleurer. Cependant, on ne regrette qu’une personne qui a donné du sel et du sens à notre vie. Une personne qu’on n’a pas su garder. Mais bon, c’est la vie ! 

Sèche un peu tes yeux et laisse calmer ta peine dans un coin de ton cœur.  Pour des gens comme toi et moi, pleurer est un luxe qu’on n’a pas le temps de se permettre. On vient de loin, n’oublie pas. Et faute de raccourci pour le bonheur, on doit faire tout le chemin…

Les gens s’en foutent de tes larmes. Tous ces faux amis qui se réjouissent à te voir souffrir, se moquent de ta peine et attendent le moment où tu seras à ramasser à la petite cuillère. Tes petites victoires dans les batailles de la vie, les renvoient à leurs grosses défaites. 

Ne pleure pas comme ça. Je suis là, tu sais. Et je t’aime, parfois…