La semaine dernière, je m’étais promis que je n’allais pas encore vous parler, quelle que soit son évolution ascendante ou descendante, de ce virus maléfique qui est né on ne sait où, ni pourquoi, ni comment et qui a réussi à escalader la muraille de Chine pour pourrir la vie de toute la terre, voire de tout l’univers ( il faut penser de temps en temps à nos amis les petits hommes verts).

Et bien, même si ce phénomène est en train de prendre une ampleur incroyablement gigantesque et monstrueuse, y compris dans notre si beau et si paisible pays, et même si, au moment où je suis en train d’écrire ces lignes, je ne sais pas trop ce qui va se passer demain, ni même juste ce soir, et même si la tentation est trop forte d’épiloguer sur un propos si inspirant, à défaut d’être respirant, et bien, disais-je, malgré tout cela, je vais le mettre de côté pour discuter avec vous d’un sujet autrement plus intéressant et autrement moins stressant.

Après tout, on ne vit qu’une fois, alors pourquoi ne pas continuer de vivre comme si la vie n’avait pas de fin.

En vérité, ce sujet a toujours été un peu, et même beaucoup, mon sujet de prédilection. Bien sûr, il s’agit de la culture. Et comme chacun sait, la culture c’est aussi bon que la confiture, sauf qu’on n’a pas besoin d’y ajouter du sucre. C’est naturellement sucré, parfois un peu salé, et parfois un peu acide, mais sans le moindre risque de devenir diabétique, cardiaque ou hypertendu(e). Et même si un jour, on en meurt, il vaut mieux, à mon avis, mourir intelligent que taré. 

Bref, ce n’est pas parce que, justement, notre fin serait proche, que je vais y renoncer. Bien eu contraire. Comme dirait l’autre : à la guerre comme à la guerre. Et, à propos de guerre – quelle belle transition ! – Sigmund Freud, ce grand rêveur qui aimait tant le divan, aurait dit un jour : “ Tout ce qui travaille à la culture travaille aussi contre la guerre”. 

Tenez ! Je suis désolé d’y revenir, mais c’est la dernière fois. Quand on entend toutes ces débilités qu’on raconte sur ce COVID 19 (CO comme Corona et vide comme … des virus comme ça, y en a plein, y en a au moins 19), c’est à mourir de rire. Il y en a même qui prétendent que c’est une malédiction divine parce que Dieu ne serait pas content de ce qu’on fait sur cette terre. 

Supposons qu’on ne soit pas sages – ce qui n’est pas très faux – vous croyez vraiment que le Bon Dieu soit aussi méchant et rancunier au point de décider de tirer, comme ça, dans le tas. Vieux, vieilles, jeunes, enfants, malades, bien portants, tout le monde à la trappe ! 

Mais, c’est quoi, ce délire ? 
Et vous savez pourquoi il y a autant d’imbéciles et d’incultes qui croient à ce type de balivernes ? C’est, justement, par manque de culture. 

Attention : j’ai bien dit “culture”, pas “instruction”. Parce que l’école, certes, est un espace où on apprend à lire, à écrire et à compter – et pas forcément sur les autres – mais pas plus que ça. Comme disait l’hilarant Guy Bedos : “ Il n’y a pas plus d’analphabètes dans l’enseignement qu’ailleurs”.

Non, je parle de culture, la vraie, la solide, l’agréable, l’enrichissante, l’apaisante, celle qu’on puise en lisant un bon livre, en admirant un beau tableau ou une belle oeuvre artistique, en allant voir une belle pièce de théâtre ou un bel opéra, en regardant un bon film, ou parfois juste, en ayant une bonne discussion avec de bonnes personnes, de chez vous ou d’ailleurs, des gens qui sont capables parfois de vous apprendre en quelques minutes ou en quelques heures, ce que tous vos instituteurs, institutrices, maîtres, maîtresses, professeurs et autres formateurs n’ont pas réussi à vous apprendre en plusieurs années. 

La culture c’est ce qui est capable de rendre un être normal un surdoué, en tout cas quelqu’un qui réfléchit avant de parler, et pas le contraire. 

Quelqu’un qui a de la culture, c’est quelqu’un qui peut vous enrichir spirituellement sans que ça ne lui coute ou que ça vous coûte un sou. C’est beaucoup mieux que certains coachs. De plus, vous pouvez même vous sentir après, plus intelligent(e).  

A contrario, par exemple, quand vous regardez la télévision, et pour être très précis, quand vous regardez NOTRE télévision, vous avez souvent, et presque toujours l’impression, que vous êtres en train de devenir, progressivement, inéluctablement, fatalement, idiot(e). 

Alors, je vous en supplie, Corona, Covid etc., tout ça va un jour disparaître. Alors, ne tombez pas dans le piège de la sinistrose imbécile des loosers et des has been. 

Tenez, justement, profitez de l’éloignement ou de l’isolement forcés qui vont sûrement, un jour ou l’autre, nous  être imposés, laissez les masques de côté, et plongez-vous, vous et vos proches, en plein dans la culture,  et contaminez-vous les uns les autres.  Et je vous promets qu’à la fin, vous allez être comme des malades du bonheur et de la joie de vivre. 
Non, vous me direz merci après.

En attendant, je vous souhaite un très bon Vendredi 13, un très bon weekend en gens bien portants et je vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit. 

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi scénariste, écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma