Par Mohamed LAROUSSI

La vie m’a appris pas mal de choses, parmi lesquelles cette vérité presque scientifique : quand on attend beaucoup de quelqu’un ou de quelque chose, on est souvent déçus. Le problème c’est que cette déception, même si elle arrive très vite, vient toujours trop tard, c’est-à-dire qu’on ne peut plus faire grand-chose. C’est le sentiment un peu désespérant que je ressens en ce moment, concernant notre tout nouveau et déjà décevant gouvernement.

Pourtant, et vous en êtes témoins, qu’est-ce que j’ai applaudi, au tout début, à sa nomination ! Entre nous, ce n’est pas que je le trouvais merveilleux, loin de là, mais j’étais persuadé qu’il ne peut être que mieux que celui qui l’a précédé. Ou si vous préférez, il ne peut pas être pire. Mais là, franchement, je commence vraiment à m’interroger et à m’inquiéter sur ce qui pourrait bien nous sortir.

Certains me diraient qu’il est trop tôt pour juger, que Rome ne s’est pas faite en un jour, qu’il faut laisser le temps au temps, qu’il faut au moins les 100 jours d’usage, et que ce gouvernement a moins d’un mois d’existence etc. C’est vrai. Sauf qu’en moins d’un moins, il a pu et su nous montrer, preuves à l’appui, qu’il est pour le moins paumé.

Je reviens à la période antérieure à sa nomination, et même juste au lendemain des élections.

Que n’a-t-on pas entendu comme supputations sur ce gouvernement-miracle qui allait nous libérer de 10 ans d’obscurantisme, d’amateurisme, d’improvisation, de suivisme, d’anachronismes …

On en était tellement convaincus que beaucoup d’entre nous, à commencer par votre bien naïf serviteur, ont décidé de fermer les yeux sur de supposées, mais assez probables manipulations des résultats des élections. J’avoue que pour le marxiste que j’étais et le démocrate que je crois toujours être, c’est une honte, même si je répète çà et là pour me défendre, que « c’était pour la bonne cause ». C’est vous dire jusqu’à quel point j’y croyais. 

Et puis, patatras ! 

Premier couac : le remaniement le plus rapide et le plus incohérent de l’histoire de nos gouvernements qui en ont vu des quantités. En fait, ce n’est pas le remaniement en soi qui est critiquable, mais la manière comment on a essayé lamentablement de le justifier.

Ensuite, presqu’aussitôt après, le Zorro qu’on a rappelé comme le Messi pour sauver notre santé, voire celle de l’humanité, n’a pas trouvé mieux que de décider, tel un dictateur d’une république bananière, d’imposer à tout le monde, dans un temps incongru record, un Pass dit vaccinal, ou sanitaire, on ne sait plus, censé nous protéger et protéger les autres, et qui s’est avéré n’être finalement qu’un laisser-passer-prétexte-alibi-excuse de passer par le vaccin non obligatoire mais obligé quand même, pour pouvoir passer, entrer, sortir pour aller ailleurs. 

D’ailleurs Zorro-le-Retour l’a expliqué et justifié lui-même, le menton levé et la voix haute.

D’abord, a-t-il commencé, « ça fait plusieurs semaines que des campagnes de pub à la télé et à la radio prévenaient la population de l‘imminence de ce Pass obligatoire. Donc, si les gens ne l’ont pas entendu ou pas pigé, c’est leur problème, pas le mien ». 

Ensuite, a-t-il continué ce que ses subalternes ou obligés avaient déjà commencé à avouer, qu’il est vrai que cette idée de Pass n’a pour principal objectif que de pousser tous les récalcitrants – les fameux antivax dont on feignait d’ignorer l’existence dans notre pays « spécifique » – et tous les retardataires, à aller se faire vacciner et fissa ! 

Eh bien, ça n’a pas manqué. Tout le monde n’était pas très content de le faire, aussi vite, et encore moins avec les bousculades qu’on a vues, mais de jour en jour, l’astuce semble fonctionner à merveille à la satisfaction de qui vous savez, et qui doit compter, chaque jour, le sourire triomphant, le chiffre-record du jour. Mais ce qu’il ne sait pas, et ce qu’il risque de découvrir tôt ou tard, c’est que là où ça pique, ça fait toujours mal. Et même si ces nouveaux vaccins ne laissent pas de traces indélébiles et pas très jolies à voir de notre époque, la mémoire collective, elle, s’en rappellera. 

On pourra toujours me rétorquer, et on aura raison, qu’un ministre qui n’est d’aucun parti, on ne peut même pas le punir ou engueuler son parti ni voter contre son parti qu’il n’a même pas. Eh oui : c’est une des spécificités de ce pays qu’on aime et qu’on n’arrête pas d’aimer même lorsque ses gouvernants deviennent peu aimables. 

Pour revenir au vaccin et à la seringue à répétition, n’essayez surtout pas d’avoir une réponse sur le nombre de doses qui nous attendent. Comme disait récemment à la radio un professeur membre du comité scientifique dont j’ai oublié le nom : « je ne sais pas s’il y aura ou non une 4ème, une 5ème ou une 6ème dose, tout ce que je sais, c’est qu’on n’y pourra rien ». Et d’ajouter l’air désolé, mais réaliste : « la pandémie du Covid nous a appris, à nous médecins, au moins une chose : l’humilité ». 

Ah bon ? Eh bien, ça ne se voit pas beaucoup, en tout cas, chez beaucoup d’entre vous.

En attendant, je vous souhaite, à vous mes chères lectrices et mes chers lecteurs, un très bon weekend, et vous dis à la semaine prochaine, pour une autre piqure, pardon, pour un autre vendredi tout est dit.