Par Abdessamad MOUHIEDDINE

Face à la mort d’un être cher, le sentiment d’impuissance vient envelopper le chagrin et tout le reste devient insignifiant. « La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut une vie », écrivit le grand Malraux.

C’est l’interrogation majeure sur le sens de l’existence qui est ravivée par la confrontation à la mort. Lorsque l’être cher est happé par la Faucheuse, on se cramponne à l’amour, on convoque la mémoire et l’on s’applique à faire son deuil dans la douleur.

Rien n’a d’importance hormis le souvenir. Toutes les croyances ont tenté d’initier les hommes à l’apprivoisement de la mort. La sienne propre et celle des êtres proches. Que de rites, que de cérémoniaux ! Que de « lots de consolation » promis post mortem aux disparus et dans l’au-delà aux épleurés !

Mais, de toutes les religions monothéistes, l’islam a le plus puissamment « glorifié » la « vie après la mort », puisqu’Allah n’a fait que rappeler à Lui les morts après leur avoir octroyé le souffle vital ici-bas, uniquement pour les éprouver face aux tentations terrestres.

Face à la mort, on se découvre souvent un penchant pour la foi en le destin, et, par conséquent, en Dieu.

Je crois sincèrement que la perte en cascade de mes frères et sœurs Mostfa, Hafsa, Mohamed, Abdelhakim et, dernièrement, Zineb a définitivement consolidé ma foi en Celui que je n’ai jamais cessé de nommer « Grand Architecte de l’univers ». Non pas que j’adhère à quelque « théorie de l’horloge », mais juste parce que ces pertes si douloureuses m’ont acculé à revisiter ma perception de la vaste harmonie de l’univers marqué par l’interdépendance et l’enchevêtrement des vivants, y compris végétaux et minéraux.

Oui, plus que jamais, je crois en l’harmonie de l’indéchiffrable univers sous la baguette de son indéfinissable Architecte !  Gloire au Grand Architecte ! Alléluia !