Par Mohamed LAROUSSI

Cela fait moins d’une dizaine de jours que le scrutin a rendu son verdict, alors soyons un peu patients et laissons les choses se faire tranquillement et sereinement.

Je sais que la mission du Chef du Gouvernement nouvellement nommé est loin d’être simple d’autant plus qu’il y a une bousculade de partis au portillon. En tout cas, s’il me demandait mon avis, je lui conseillerais vivement de prendre qui il veut, mais d’en laisser dehors quand même un peu, et même si c’est possible un peu beaucoup, ne serait-ce que pour ne pas avoir, encore une fois, un nombre incalculable de ministres d’Etat, de ministres tout court, de ministres délégué(e)s, de secrétaires d’Etat, sans parler de toute la ribambelle de collaborateurs et de collaboratrices qui va automatiquement les suivre.

Ensuite, et c’est presque aussi important, si presque tous les partis sont au gouvernail, non seulement ça peut aller dans tous les sens, mais ça risque même de dérailler. Et puis, quand presque tout le monde décide de tout, plus personne n’est responsable de rien.

Et enfin, si en face il n’y a plus grand monde pour critiquer ce que vous proposez ou ce que vous décidez, les carottes sont très vite cuites, mais ils seront vraisemblablement impropres à la consommation. Voilà. Tout cela, je l’ai dit juste dans le cas très improbable où le nouveau Chef du Gouvernement me demandait mon avis. En tout cas, maintenant, c’est fait.

En attendant, je vous propose un petit jeu qui consiste à rêver un peu.

Si, par exemple, je vous posais la question pour savoir non pas qui vous aimeriez voir à la tête de tel ou tel ministère, mais plutôt ce que vous souhaiteriez que ce futur ou cette future ministre fasse dans ce ministère.
Hélas, comme il n’y a pas possibilité d’interactivité, je vais être obligé de jouer tout seul.

Je vais vous donner deux départements qui m’intéressent le plus : celui dit de la communication et celui lui dit de la culture.

Comme vous voyez, j’ai choisi, volontairement, deux domaines qui ont été de tout temps, et depuis très longtemps, gérés un peu n’importe comment, alors qu’à mon avis ils sont non seulement importants et stratégiques, mais ils pourraient faire partie des principaux leviers du développement de notre pays et de l’épanouissement de notre peuple.

Je vais commencer d’abord par la communication. Ce département n’existe plus en tant que département depuis quelque temps, et il n’est même pas cité dans le libellé du poste du ministre qui en a la tâche. J’allais dire la “lourde” tâche, mais comme je ne suis pas très sûr que ce soit vraiment lui qui s’en occupe réellement, j’ai préféré m’abstenir.

Je donne pour unique preuve le dernier gros et surprenant projet qu’il a annoncé lui-même il y a quelques semaines, celui intitulé très pompeusement “La feuille de route 2024 du nouveau pôle audiovisuel”, et dont on n’a bizarrement plus parler par la suite. Mais pourquoi donc confier à un si jeune et si sympathique ministre, qui a déjà de nombreux chats, notamment sportifs, à fouetter, un si lourd et si scabreux dossier, et ce, à quelques mois d’un changement de gouvernement ? Je m’en étais ému à l’époque dans une chronique ici même, et j’en suis encore tout secoué aujourd’hui.

Tout cela pour dire que mon rêve c’est que le futur gouvernement se décharge enfin de ce boulet, en considérant les médias, qu’ils soient publics ou privés, comme majeurs et responsables, et en leur permettant enfin de se libérer de la peur viscérale qui les tétanise et leur cloue les bec depuis la nuit des temps, et plus exactement depuis les jours sombres.
Je puis les assurer qu’il n’y a aucun risque, sauf celui de nous sentir plus libres et plus respectés.

Quant à la culture, là, on vit en plein dans les paradoxes.

Lorsqu’on voit quelques signes prometteurs lancés çà et là et quelques initiatives audacieuses prises de temps à autre, on se dit parfois qu’on a peut-être compris l’importance de la culture pour un pays comme le nôtre qui se veut tourné vers le progrès et la modernité. Mais quand on voit de plus près, on constate l’absence quasi totale de stratégie, et bien entendu l’absence totale de vision à long terme, à ce moment-là, on comprend qu’ils n’ont toujours pas compris les enjeux de la culture, et donc forcément pas encore saisis tous les bienfaits que le pays pourrait en tirer.

Quant au peuple, lui, là aussi, il n’en serait que plus libéré, plus épanoui et plus heureux. Alors, vous qui criez depuis des mois sur tous les toits que vous ne voulez que le bonheur du peuple, alors, allez-y, vous savez ce qu’il vous reste à faire. Je vous en prie. Dans l’attente de la réalisation de ces petits mais si immenses rêves, je vous souhaite un très bon weekend, et vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi tout est dit.