La dette est comme du cholestérol; il en est du bon et du mauvais.

Jeudi dernier, notre pays a scellé, avec la Banque Mondiale, un contrat de partenariat-cadre, qui s’étale de 2019 à 2024, en vertu duquel, le Maroc bénéficiera d’un prêt de USD 700 mln , qui s’inscrit en droite ligne avec les missions originelles de la BM, savoir contribuer à la reconstruction et le développement des pays qui en formulent le besoin et la demande.

C’est ainsi que notre pays en a exprimé la demande, à l’appui des motivations suivantes :

-Booster l’économie numérique
-L’inclusion financière
-Promouvoir l’entreprise privée
-Relancer la croissance
-L’employabilité des jeunes

Et, j’en passe!

C’est dire le grand chantier, multi facetté – réformes structurelles, mises à niveau , relance économique…-, dans lequel promet de s’engager notre pays, dans les cinq années avenir.

En apparence et en apparence seulement, tout semble s’inscrire dans la logique des choses en tant que de besoins et d’objectifs.

Un bémol, cependant, lorsque l’on s’emploie à voir les choses de plus près, tant au niveau des besoins invoqués qu’au niveau des objectifs réellement recherchés. Quelques interrogations m’interpellent :

-Peut-on parler d’économie numérique dans un pays qui peine encore à restructurer son économie sous-terraine ?
-Peut-on parler d’inclusion financière dans un pays où le rachat ou la cession de devises doit transiter impérativement par la banque centrale ?
-Peut-on parler de l’employabilité des jeunes dans un pays où le recrutement en CDD est devenu la règle ?
-Peut-on parler de promouvoir l’entreprise dans un pays où l’Etat concurrence l’entreprise, quant à la course à l’épargne nationale ?
-Peur-on parler de gouvernance dans le pays de toutes les opacités et des situations de rente ?

J’ai bien peur que le recours à ce dernier prêt ne soit motivé réellement que pour colmater les brèches de finances publiques exsangues, à coup de déficits budgétaires et d’assèchement de liquidités en devises, d’autant que le budget général de l’Etat (BGE) de cette année a accusé une augmentation de 10% par rapport à 2018, avec un taux de croissance prévisionnel poursuivant son trend baissier !

En guise de conclusion.

Si la dette représente un excellent levier de croissance si utilisée à bon escient, elle risque de tourner en effet de massue, en l’absence d’une croissance probante de nature à atténuer le poids du service de la dette, et en l’absence d’une véritable optimisation des dépenses de fonctionnement d’un Etat qui vit au- dessus de ses moyens !!

PS. Dette publique au Maroc: dernier rapport Mad 970 Mld, soit 91,2% du PIB.

Comprenez que chaque Marocain est redevable de Mad 25 milles.