Par Mohamed LAROUSSI

Cette semaine, j’ai décidé de pousser un grand coup de gueule. Éloignez-vous si vous n’aimez pas entendre les gueulantes. Et ça va vraiment en être une. Tant pis si ça fait trop de bruit. Bien au contraire, ça m’arrangerait.

Je n’en peux plus d’entendre les mêmes inepties dites et répétées par les mêmes mecs ou les mêmes nanas. Et à ce propos, je puis vous affirmer que dans le rayon des bêtises, des stupidités et des lieux communs, le quota est souvent parfaitement respecté.

Je n’en peux plus de me laisser envahir par tous ces « influenceurs » et « influenceuses » qui sont partout, qui semblent détenir, seul(e)s, le savoir intégral et la vérité absolue, et qui sont à la modestie et à la décence ce que les voyants et les voyantes sont à la lucidité et à lavraisemblance.

On n’arrête pas de me dire que ces gens-là seraient les nouveaux et les nouvelles publicitaires. Rien n’est plus faux. Pour avoir été, dans une autre vie, durant longtemps, un fils de pub – et croyez-moi, je n’en tire aucune fierté et je n’en garde aucune culpabilité -je puis vous assurer que ce que font ces gens-là n’a aucun rapport ni avec la pub ni avec la com. Peut-être, avec l’intox et la manip. Mes ex-confrères et ex-consœurs les publicitaires – dont, soit dit en passant, je n’étais pas leur plus grand des amis – n’ont pas besoin de moi pour se défendre,mais, eux et elles, contrairement aux autres, ne cachent pas leur jeu. Ils font de la pub et ils sont payés pour ça. 

La pub qu’ils fontressemble à de la pub et elle ne s’en cache pas. Elle ne veut pas passer pour de la vérité vraie. Dans leur métier, les publicitaires font appel à la créativité, pas à la télé-réalité. Ils ne sont pas obligés de jurer sur Dieu ou sur la tête de leurs parents ou de leurs enfants pour qu’on les croie. 

Je ne suis pas en train d’essayer de vous persuader que les publicitaires sont des enfants de chœur. S’ils l’étaient réellement, je ne les aurais pas quittés, comme je l’ai fait, sans avoir le moindre regret. Mais ils sont 1000 fois plus fois plus honnêtes et 10 000 fois plus professionnels que… les autres. 

La pub veut vous séduire, vous charmer, vous convaincre, mais, je le répète, les publicitaires ne vont jamais vous jurer d’avoir utilisé tel ou tel produit et que c’est le seul que tous leurs enfants, tous leurs conjoints, tous leurs amants, toutes leurs maîtresses, toute leur famille ou toute leur tribu utilisent désormais depuis qu’ils l’ont découvert. 

Je ferme cette parenthèse que je ne pensais pas qu’elle serait aussi longue. Quand je suis énervé, je n’arrive plus à me retenir.

Je n’en peux plus, non plus, de ces responsables qui n’ont de responsables que la fonction et le salaire, qui ne cessent de nous prendre pour ce que nous sommes, à savoir des moutons muets et soumis.

Tenez ! Pas plus tard que mercredi dernier, il y en a un, instruit, de bonne famille et tout et tout, qui n’a pas trouvé mieux pour que nous, moutons suiveurs et gobeurs de n’importe quoi, économisions l’eau devenue si rare dans nos robinets, que de dénoncer « le gâchis de l’eau potable dans l’irrigation des espaces verts et terrains de golf et le remplissage des piscines ». Ah ! Bon ! Et vous croyez, Monsieur le ministre, que c’est nous, les pauvres moutons qui utilisons l’eau de cette manière au risque d’épuiser « un milliard de m³ de cette précieuse ressource » (c’est votre propre formule). 

Vous pensez vraiment que c’est nous, pauvres moutons qui n’avons même pas assez d’herbe pour brouter ni juste pour planer, qui passons notre temps à remplir et à vider nos grandes piscines, à arroser généreusement nos terrains de golf, les jardins de nos villas, à irriguer les terres de nos fermes, et à laver à grande eau nos belles et rutilantes limousines, juste pour le plaisir de gaspiller l’eau potable ?

Attendez, je n’ai pas fini. 
Savez-vous ce qu’il conseille pour faire face à ce « gaspillage » ? « La généralisation de projets de traitement et de recyclage des eaux usées dans les différentes communes ». Eureka ! 

Eux jettent le peu d’eau dont dispose le pays par les fenêtres et par toutes les évacuations, et il veut que nous, nous nous rabattions sur de l’eau usée recyclée, si l’on veut pouvoir apaiser juste notre soif ? 

Pour finir, vous avez le droit de me rappeler que je ne suis pas un membre éminemment représentatif de ce qu’on appelle par abstraction ou par facilité « le peuple », et je ne veux surtout pas passer pour un populo ou pour un démago, mais franchement, je n’en peux plus d’entendre toutes ces stupidités, toutes ces aberrations et tous ces errements.

Je n’en peux plus, vous dis-je !

JE-N’EN-PEUX-PLUS !

Sincèrement, ne pensez-vous pas que le plus beau pays du monde mérite de meilleurs « responsables » ou juste de meilleurs « communicateurs » ? 
En attendant, je vous souhaite un très bon week-end et je vous dis à la semaine prochaine, pour un autre vendredi, tout est dit.