Par Mohamed LAROUSSI

Je ne vais pas parler du nouveau gouvernement parce ce que je n’en ai absolument aucune envie. Vous allez être peut-être déçu(e)s – ou pas – mais j’ai tellement entendu de bêtises, d’absurdités et de niaiseries, que j’ai bien peur, en en parlant moi aussi, d’en commettre à mon tour.

Cela ne veut pas du tout dire que je ne vais pas le faire. Je vais essayer quand même de me retenir et de me contrôler du mieux que je peux. Si je peux. C’est vrai que le titre est un peu trompeur et pourrait faire croire que… Mais, c’est juste qu’avec, avant, toutes ces basses spéculations de souks hebdomadaires, toutes ces rumeurs savamment lancées et entretenues, et après, tous ces discours d’officieux officiels, tous ces commentaires de vrais-faux experts, et tous ces propos redondants et ronronnants, bref tout ce tohu-bahu autour du futur et actuel nouveau gouvernement, m’a quelque peu inspiré. 

En vérité, j’ai toujours été énervé de voir ou d’entendre certaines personnes, souvent les mêmes, tenter de nous faire croire qu’ils savent beaucoup de choses sur telle ou telle chose, alors qu’ils n’en savent pas plus que vous et moi, et peut-être encore moins. Or, aujourd’hui, mais également hier et sûrement encore demain, ces gens-là n’arrêtent pas de papoter dans le vide, de naviguer dans le creux, de remplir le néant avec l’abime, de changer les illusions avec les chimères, de remplacer l’insignifiance avec les non-sens etc.

Mais, attention, il ne faut pas vous fier aux apparences et croire que tous ces gens-là – et qu’est-ce qu’ils sont nombreux et partout !  – sont des parfaits ignorants qui s’ignorent, ou mieux ou pire, des érudits qui veulent tout dire. Non, non, pas du tout.

D’abord, ils sont tout sauf des imbéciles. Je pourrais même ajouter qu’ils sont souvent intelligents, en tout cas, assez pour se faire passer, et même se faire reconnaître comme des « experts », alors qu’ils ne sont pas plus experts que moi je ne suis astronaute.

En vérité, en un mot comme en mille, ils ont compris ce que je moi je refuse de comprendre, qu’aujourd’hui, comme on dit, il faut dire non pas ce que vous pensez, c’est à dire le fond de votre pensée, mais ce qu’on attend de vous que vous disiez. Pardon : que vous répétiez. 

A ce propos, je me souviens un jour, il y a quelques années, plusieurs articles écrits par plusieurs « figures de la presse » de l’époque, comportaient l’expression, la même partout », « Menard, connard ». En français dans le texte. C’est un peu long et compliqué de vous raconter toute l’histoire, mais en gros, le Ménard en question était le patron de l’organisation « Reporters sans frontières ». 

Il était venu au Maroc à un moment où il était indésirable car il s’était mêlé de ce qui le regardait, de par ses fonctions. Bref, tous « ces gens-là » lui étaient tombés dessus tous ensemble. Alors, par esprit de contradiction ou par vengeance, ou les deux à la fois, j’ai aussitôt commis un billet dans l’espace où je sévissais à l’époque, un billet que j’avais titré, je crois, « Ménard, bavard ! ».

Et, j’avais ponctué tout mon article avec des expressions qui ne rimaient souvent à rien, mais qui étaient une sorte de réponses du berger à la bergère, comme, par exemple, « Ménard, hagard ! », « Ménard, ringard ! » et des trucs du même genre. Un jour, j’ai croisé, par hasard, un de ces « journalistes ». Dès qu’il m’a vu, il m’a lancé, moqueur et provocateur : « Pas terrible, ton billet sur Ménard », et je lui ai répliqué tout de go : « Oui, je le reconnais, mais, moi, au moins, personne ne me l’a pas soufflé ». Et pan dans la figure ! Il n’a plus pipé mot. Je suis sûr que jusqu’à aujourd’hui, ses oreilles doivent siffler encore. 

Cela dit, ce fameux Ménard, j’ai beaucoup regretté d’avoir pris sa défense car, quelques années après avoir quitté « reporters sans frontières », il a rejointun parti d’extrême-droite française où il tient depuis un discours des plus populistes et des plus racistes. Bref, il est devenu un être exécrable. 

On dit bien que le journalisme mène à tout, mais pas jusqu’à ce point quand même… Mais passons.

Au fait, pourquoi je vous ai raconté tout cela ? Ah oui ! C’est pour le « soufflage ».

Je ne voudrais pas dire que ces « gens-là », qui répètent plus ou moins les choses que les gens de là-haut, ou souvent de beaucoup plus bas, aimeraient entendre, on leur ait soufflé ce qu’ils disent et répètent à longueur de journées et de soirées. Non, je n’irais pas jusque-là. Parce que ce n’est pas toujours vrai. 

Je suis intimement persuadé que ces « gens-là » le font, spontanément, dans un élan de générosité plus ou moins intéressée et dans une volonté de séduction si permanente qu’elle en devient désespérante, avec l’espoir qu’un matin, un jour, un soir, voire une nuit, quelqu’un, là-haut, ou même plus bas, les remarque et les appelle. 

Comment ? Pour leur dire quoi ? Je ne sais pas moi… Peut-être pour leur annoncer qu’ils vont devenir ministres, ou conseillers, ou juste … « experts ».
En tout cas, moi, et comme m’a dit un jour un grand ami, et il avait bien raison : tout ça, ça ne va pas arranger mes affaires.

En attendant les grandes décisions promises par le nouveau gouvernement (dont je salue les nouveaux membres, surtout une (ancienne) amie qui se reconnaitra, mais dont je tairais le nom pour ne pas la compromettre), je vous souhaite un très bon weekend, et vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit.