Je me perds entre la durée et le temps. Pas un seul jour ne passe sans que je ne me pose la question : Quand reviendras-tu ?

Je t’attends… Parce que l’attente est tout ce qui reste aux coeurs déchirés…

J’oublie déjà pour quelle raison tu es partie. Tu m’as bombardé de reproches, toujours les mêmes pendant trois ans, avant de prendre tes cliques et tes claques.

Mais a-t-on vraiment besoin d’une raison précise pour partir ? Je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est qu’il est souvent inutile de se poser des questions auxquelles nous n’avons pas de réponses ou celles dont les réponses pourraient nous empoisonner la vie. L’expérience m’appris cette petite leçon de sagesse : comprendre, c’est pas forcément tout comprendre. Tout comprendre, c’est reconnaître que l’incompréhensible existe…

Peu importe pour quelle raison tu es partie, ce que je veux, c’est que tu reviennes…

Nous avions l’habitude de nous séparer mais pas une seule fois il nous a traversé l’esprit que nous puissions nous quitter, une bonne fois pour toute. Tout comme toi, j’adorais nos retrouvailles, ces moments de profonde spiritualité où nos âmes  se fondaient l’une dans l’autre et dont nous sortions affranchis de nos petites rancunes.

Le printemps, était notre saison. Celle où nous nous sommes rencontrés. Celle où nous nous sommes quittés. Le printemps, c’est joli pour se parler d’amour, dit la chanson. Oui, mais c’est pénible quand il s’agit de séparation. La séparation fait partie de l’amour, mais j’aurais bien aimé qu’on la remette à une autre saison. L’été, par exemple. Car quand on se quitte en été, on souffre beaucoup moins. On voyage. On enterre le chagrin dans un pays lointain. Et l’on revient !

Eh bien voilà…

Nous n’irons plus ensemble à Paris. 

Nous nous baladerons plus, main dans la main, dans le vieux Montpelier.

Aurai-je désormais l’envie d’aller sans toi à Marrakech, Barcelone ou à Sefrou ? 

Je pense à nos voyages et aux chansons que nous avions l’habitude d’écouter sur la route. Nos prises de tête et de tendresse sur la route. Tu me disais que tu étais ma femme, malgré mes innombrables erreurs et dérapages… La route, c’était notre liberté, notre mémoire et notre divan de psy ! 

Mon réveil devient difficile sans toi. Ce vide dans la partie gauche de ma poitrine est de plus en plus profond ; et cette solitude me serre le cœur. Tel un mort qui se retourne dans sa tombe en essayant désespérément de s’en évader, je passe le long de la nuit à me retourner dans mon lit, entre rêves et cauchemars. Je rêve de toi pour compenser ton absence. Pour m’assurer que tu continues d’exister, d’une manière ou d’une autre, dans ma vie. 

Ton image me hante, je te parle tout bas…

Je connais le chemin de ton âme. Je sais quand tu penses à moi. Tu as beau essayer de me chasser de ton espace, mon sang continuera de couler dans tes veines et ton cœur adaptera toujours ses battements au rythme de mon silence. Notre histoire est tatouée sur nos corps. Pour t’en débarrasser, tu devras d’abord te brûler la peau. Tu sais, on ne met pas derrière le dos un passé aussi proche, aussi présent et aussi future ! 

Ton départ est loin d’être un dernier voyage. C’est ton dernier naufrage… Peut-être le mien aussi !

Tu ne pourras pas survivre à mon absence que tu t’es infligée toute seule, sur un coup de tête, ou un coup d’égo. Et voilà combien de jours et voilà combien de nuits que tu es partie. Ce temps qui passe est un temps qui ne se rattrape pas. Pourtant, il a toujours été question qu’on vieillisse ensemble, jusqu’au bout du temps. Fallait pas se retirer. C’est injuste. C’est complètement idiot ! 

Mais si tu ne reviens pas, la terre n’arrêtera pas de tourner. Le jour succédera à la nuit. Quant à moi, je m’y habituerai. Je ne changerai rien de mes habitudes et mon humeur restera la même. Une dizaine de cafés le jour et un bon cigare le soir. Je ne passerai aucun trait sur la femme. Au contraire, j’irai à la conquête d’un autre amour et d’une autre paire de seins.   

Mon cœur saigne… Chaque fois que je fais l’effort d’admettre ce destin que je n’ai pas choisi, j’ai le mal d’amour. Et j’ai le mal de toi.  

A quoi me servira-t-il de continuer de t’aimer, toi qui t’en es allée sans crier gare, sans dire aurevoir. Si tu ne reviens pas, je ne ferai jamais le deuil de toi. Tu n’es pas morte. Au contraire, je garderai une belle image de toi. Car je sais qu’il arrivera bien un jour où je me rendrai compte que tout cela n’en valait pas la peine. 

Mais, dis, quand reviendras-tu ?