PAR Najib BENSBIA

‘’Z WAR’’ est un film de fiction. Il raconte l’infection de toute l’Humanité par un virus qui transforme l’Homme en Zombie et l’altère en une menace pour tous.

Un enseignement central est tiré de ce que cette fiction (qui ne l’est plus, on le craint) raconte : la coordination de la lutte contre le virus à l’échelle de la planète. Tout le monde : scientifiques, pouvoirs publics et citoyens ‘’saints’’ ont mené une guerre acharnée et coordonnée pour percer la première lueur de cantonnement qui pourrait arrêter la pandémie. La fin du film dessine le tableau désolant d’une Humanité qui mettra beaucoup de temps à se relever.

Cette fiction trouve sa schématisation directe dans ce qui arrive aujourd’hui avec le coronavirus (‘’COVID 19’’ ou peu importe l’appellation qu’en donne l’OMS). Mais il semble que les Etats du monde ne sont pas encore en quête d’un combat coordonné à l’échelle universelle, le virus se propageant à une vitesse inouïe, faisant ébranler toutes les certitudes et causant, sous sa marche forcée, chute du cours du pétrole, affolement quasi-désastreux des bourses et délitement pathogène de l’économie mondiale. La globalisation est ainsi au bord de l’implosion, tant le premier réflexe engendré par cette ‘’chose’’ est le confinement des uns et des autres à tous les étages de la vie communautaire.

Pris isolément, les pays voguent à l’aveuglette. Chaque Etat développe des réflexes subjectifs, croyant qu’il peut espérer arrêter chez lui la propagation d’un virus dont la racine est justement le contact. Si ‘’Z WAR’’ a traduit l’infection d’êtres humains par d’autres êtres humains par la recherche de contact et se mordant les uns les autres pour en faire de nouveaux zombies prêts à attaquer, le Coronavirus puise sa puissance de contamination du souffle, du contact et donc de la cohabitation. Cette identification virale se traduit déjà par le réflexe de confinement, de désertion du contact, ce qui va induire l’éloignement, l’isolement et la très, très, très grande solitude réduisant l’Homme à son état primitif : la fuite des autres.

Au Maroc, les autorités sanitaires ne semblent pas pressées de mettre en œuvre le dispositif vigoureux de dépistage, surtout au niveau des postes frontières, porte d’entrée actuelle et confirmée, si l’on en croit les statistiques officielles, du Coronavirus chez nous.

Le 3è cas avéré(1) de contamination est un touriste français entré au Royaume le 7 mars par Marrakech. Ce n’est que le 8 mars, et du propre chef de cette personne qui s’est rendue personnellement à l’hôpital, que les autorités sanitaires nationales ont confirmé la pathologie. Autrement-dit, ce citoyen français est bel et bien entré par l’aéroport de Marrakech sans que les mesures adéquates de dépistage aient été effectuées sur lui au moment de son passage en douanes et des services de sécurité.

‘’Ça n’arrive pas qu’autres’’ ! C’est cela le principal enseignement de ce qui se passe avec le Coronavirus. Or, le Maroc étant un pays touristique par excellence de ce côté-ci du continent africain, combien de touristes sont entrés au pays en janvier, février et début mars par les aéroports et les ports nationaux. Si un cas a été découvert de manière subsidiaire, combien d’autres cas, patents, en sommeil, sont-là attendant qu’on les dépiste.

Il est temps de mieux agir pour connaitre la réalité des chiffres et prendre les mesures nécessaires, sinon d’endiguement, du moins de prise en charge efficiente de diagnostic précoce de cette épidémie.

Car, à l’évidence et tel que fonctionne le Coronavirus, l’Humanité est bel et bien partie pour un long cycle de désolation à l’échelle planétaire.

Najib BENSBIA • Chercheur universitaire. Consultant en ingénierie sociale et en expertise medias. Ancien chef de cabinet du Ministère du développement social (2004-2007).

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  • Le 1er cas diagnostiqué chez une femme âgée de 89 ans s’est soldé, mardi 10 mars 2020 vers 12h45, par le décès de la patiente qui ‘’souffrait de maladies chroniques au niveau notamment de l’appareil respiratoire et du système cardiovasculaire’’, a annoncé le ministère de la Santé dans un communiqué publié le même jour (telquel.ma).