Par Tariq AKDIM, Auteur et Economiste du territoire

Le virus est-il dans la cité ? Le virus est t-il mortel ?

Nous recevons depuis le début de cette épidémie des centaines de vidéos autour du confinement et des mesures prises par l’Etat et les citoyens pour changer un destin, mais quel est ce destin ? C’est surtout celui de la mort …

Les gens n’ont pas peur du Virus, ils ont peur de mourir. C’est cela la première image que je vous propose. Elle peut ne pas être représentative de la réalité d’une société telle que la notre, mais elle porte en tout cas un message du déjà-là et de l’au-delà.

Le déjà-là, c’est-à-dire nous voici entre quatre murs, confinés et attendons le destin de ce qui peut changer, de ce que peut devenir ce virus dans les jours à venir.  Le nombre de contaminés ne cesse d’augmenter et interpelle l’ensemble de la société sur ce qui reste à faire pour limiter le nombre de décès.

Devant ce contexte, un nombre important de citoyens souffrent d’angoisse et de peur, de stress et d’incapacité à faire face à cette situation exceptionnelle. C’est tout à fait légitime et c’est à nous de penser à l’au-delà de cette nouvelle situation.

Ce n’est ni la première ni la dernière fois dans l’histoire que les épidémies reviennent au devant de la scène. Chaque centenaire, nous assistons à cette réalité. La première que j’ai déjà citée dans le titre de Mars, La Peste de 1720, le Choléra en 1820, la grippe espagnole en 1920. Et donc il est de l’ordre des cycles comme exactement les volcans, ou autres chocs naturels.

L’hypothèse d’une guerre reste très limitée et nécessite une remise en cause de certaines lectures actuelles autour de la question. Puisqu’il s’agit d’un retour en soi, après un siècle, la nature se réveille doucement et impose le destin de l’Homme et il est important d’entretenir une nouvelle page avec la nature.

Entre incertitude et inquiétude, ce réveil doit permettre de libérer les initiatives porteuses d’espoir d’un nouveau vivre-ensemble dans la cité, de collaborer avec les familles qui habitent dans une seule chambre et pourtant respectent le confinement, pour ceux qui ne dorment pas, qui cherchent jour et nuit le vaccin contre ce virus, pour celles et ceux qui travaillent pour préparer un contenu pédagogique adapté à leurs étudiants. Bref, pour tous ceux et celles qui ne ménagent aucun effort pour continuer à croire à ce destin.

Entre espoir et courage, ce réveil doit interpeller les consciences collectives, puisque ce virus nait dans le collectif, et peut disparaitre dans le collectif. Cette double mesure, de l’ordre du logos peut changer une fois que le virus tient à sa fin, et donc cette histoire de changement des consciences peut être trompeuse. La société est une et invisible, une et imprévisible.

Au final, « Attends-toi à l’inattendu », pour paraphraser Edgard MORIN, serait pour l’instant l’expression qui emporte l’espoir au temps d’inquiétude et le courage au temps d’incertitude..