Oui. Je vais vous parler de ça encore une fois. Et ça ne sera certainement pas la dernière fois. Et ce, jusqu’à extermination définitive de ce maudit-affreux-vilain Corona-Covid-machin. Si extermination définitive il y a. Car à entendre tous ces spécialistes, j’ai l’impression que ce n’est pas pour demain, ni même pour l’an prochain. Autrement dit, il est et restera le sujet du jour et de toujours, durant encore un bon bout de temps. 

Je dois vous avouer que les premières semaines de l’arrivée impromptue de cette foutue pandémie, j’étais un peu gêné de traiter toujours le même sujet. Bon, c’est vrai, j’’ai essayé  de diversifier les axes, de changer les angles d’attaque, comme on dit dans le métier, mais je n’étais pas toujours satisfait du résultat. Et puis, au fil de jours, je me suis rendu compte que je n’étais pas le seul à me répéter continuellement. Tenez ! Prenez toutes les Unes des journaux d’ici et d’ailleurs de ces derniers temps. Vous n’avez même pas à les acheter, puisqu’ils vous ont offerts chaque jour gracieusement. Même ceux qui n’ont jamais lu un journal de leur vie, commencent à vous citer le Monde, le Financial Times, Le Point ou même le Canard Enchainé ! Sacré Corona ! Quoi qu’on puisse lui reprocher, il est probablement celui qui aura donné le plus de sens au mot  “démocratie”. 

Je crois que je me suis éloigné du sujet, mais juste un peu parce qu’on est toujours sur le fameux Covid19. Je disais donc que si vous jetez un coup d’oeil sur tous ces journaux et même sur les journaux télévisés, on ne parle plus que de ça ! A croire qu’il n’y a plus que ça dans la vie. A vrai dire, c’est un peu vrai, car, apparemment, notre vie ne tient plus qu’à ça. D’ailleurs, on nous a bien mis dans la tête, de gré ou de force, je ne sais pas, que si on ne les écoute pas, si on ne fait pas ce qu’on nous dit de faire, on va bien nous tirer les oreilles, et si on n’est pas contents, on pourrait carrément avoir un séjour là où personne n’a envie d’aller. Et tout ça, pourquoi ? Pour nous éviter, nous dit-on, de passer de vie à trépas.

Et c’est pour ça qu’avec ces gens-là, on ne rigole pas !

Oui, c’est vrai, et on ne les remerciera jamais assez, ces gens-là comme je dis, ont fait et continuent de faire un travail fabuleux. Mais, bon, on ne va pas y passer l’année. Non, je ne parle pas des soignants, aide-soignants, médecins, laborantins etc., ceux-là, je n’ai rien à dire : chapeau bas ! Je parle de autres, ceux qui passent leur temps à nous engueuler, à nous donner des ordres, et qui prennent, du jour au lendemain, sans même nous les expliquer, des décisions qui réduisent chaque jour notre liberté comme peau de chagrin. 

Oui, oui, je le dis. Après tout, qu’est-ce qui peut bien m’arriver de pire ? Je suis déjà enfermé depuis plus d’un mois, face à mon ordi, ma télé, ma femme, mon miroir, mes vieux albums-photos, mes écrits inédits et inéditables, mes chéquiers vides, mes bouteilles bouchonnées, mes tire-bouchons assoiffés, mes décapsuleurs qui pleurent, bref, ce n’est pas la joie d’être coincé – eux appellent ça “confiné –  entre 4 murs ou même plus, quelle différence ? Alors, franchement, entre être confiné, de force ou de gré, allez savoir, ou bien se faire embarquer pour avoir osé poser des questions qu’on ne pose pas en ce moment ou bien avoir donné des réponses à des questions que personne n’a jamais osé poser, personnellement, je ne vous dirai pas pas ce que j’aurais choisi. Parce qu’en fait, je ne le sais moi non plus. 

Oui, je sais que je vous embrouille, mais parce que moi-même je ne sais plus tout à fait où j’en suis. On nous avait prescrit un mois de confinement-étouffement, on avait dit d’accord, puisqu’après, on croyait qu’on allait sortir et refaire la fête comme avant. Et voilà que juste à la veille de la fin de ce mois, on décrète un autre mois, sans la moindre explication, sauf que, parait-il, c’est pour notre bien, et surtout sans nous dire quand ni encore moins comment ils pensent qu’ils vont nous libérer, pardon, de nous dé-confiner, parce que c’est comme ça qu’ils disent.

Et comme si on n’avait pas assez de privations comme ça, voilà un autre mois qui débarque à partir de demain. Oui, je sais, que ce n’est pas de leur faute et que c’est le mois de la piété, de la charité, de la solidarité et tout ça… Sauf que cette année, ça sera aussi celui de la télé répétée, de la publicité, des pénalités, de la culpabilité, de la captivité et de… l’autorité. 
Voilà, je l’ai dit.

En attendant qu’on revienne à une vie normale, avec ses embouteillages et ses Klaxons, sa fumée et sa pollution, ses problèmes et ses solutions, ses disputes et ses réconciliations, ses éloignements et ses retrouvailles, ses gifles et ses embrassades, ses maladies “normales” et ses guérisons, je vous souhaite, quand même, un très bon ramadan et un très bon confinement, et vous dis à la semaine prochaine, si tout va bien, pour un autre vendredi, tout est dit.   

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi scénariste, écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma