Nous sommes un pays béni ! Oui, béni de Dieu ! Et ceux et celles qui en doutaient encore, en ont aujourd’hui la preuve indiscutable. En vérité, il n y a pas une seule preuve, mais des centaines, que dis-je, des milliers de preuves que notre pays – et donc, bien entendu, également, notre peuple – a été choisi par Dieu pour qu’il soit le plus avantagé et le plus protégé contre tous les maux et tous les désastres qui peuvent arriver aux autres. 

Et surtout ne croyez pas que seul l’Etat, ou si vous préférez, le gouvernement, qui rappelle cette vérité à tout moment, mais, c’est surtout, justement, notre peuple qui, tout fier, se la raconte matin et soir, pour qu’il puisse, la nuit, fermer les yeux et dormir sur ses deux oreilles.

Je pense que vous avez parfaitement compris où je veux en venir.

C’est un sujet que j’ai abordé il y a juste 2 ou 3 semaines, mais je ne pouvais  pas ne pas en reparler aujourd’hui alors que tout le monde, je veux dire le monde entier, ne parle que de ça.

Oui, c’est bien ça : le Coronavirus, cet affreux petit diable qui est en train de mettre à terre le plus Grand Dragon de l’Asie, et faire frissonner de fièvre les plus grands pays du monde, y compris les plus démocratiques – bien fait pour eux ! – et bien cet être minuscule et méchant s’est arrêté net à nos frontières.

Certains sceptiques et nihilistes pourraient me rétorquer que s’il n’a pas  encore atterri chez nous, cela ne veut pas dire qu’il ne va jamais le faire. Oui, mais la vraie question c’est “pourquoi, justement, il est arrivé partout, y compris chez nos voisins et néanmoins meilleurs ennemis, et pas, encore, chez nous ?”.

Pour moi, déjà ça, ça ne peut être qu’un miracle, et c’en est un. 

Non, je vous assure que je ne plaisante pas.

Tenez, je vais vous raconter une anecdote. Elle date mais de Mai 2003, au lendemain des attentats de Casablanca.

J’étais dans la grande marche qui avait été organisée à l’époque pour protester contre les auteurs de ces terribles assassinats. 

A la fin de cette marche, et alors que je discutais avec un groupe d’amis sur le pourquoi et le comment de cet acte abominable,  j’avais sorti cette phrase que je pensais logique : 

“ Heureusement qu’un des terroristes n’a pas déclenché sa bombe, car c’est grâce à ça que nous savons ce qui s’est passé”.

Et là, j’ai une réplique, dont je me rappèlerai toujours, d’une amie, une femme d’une grande érudition, mais très portée sur les choses spirituelles pour ne pas dire mystiques  : “Non, Si Mohamed, tu n’as rien compris. Ce pays est protégé par ses hommes”. 

Moi, naïf comme toujours, je pensais qu’elle parlait des autorités, des pouvoirs publics, de notre sécurité, de nos flics, quoi. Mais, avant même que je puisse parler, elle m’a donné le coup de grâce avec cette précision qui vaut son pesant d’or et de lumière : “Ses hommes, ce sont ses Saints”.

Et voilà. Tout est dit. 

Revenons maintenant à ce petit salopard de Coronavirus. 

Oui, notre ministère de la santé ne cesse de répéter à qui ne veut pas l’entendre que, jusqu’à présent, et donc, jusqu’à la minute où je suis en train de commettre ces lignes, et contrairement à toutes les rumeurs qu’on entend partout, aucun cas n’a été déclaré au Maroc, Dieu merci.

Tout en espérant que cela dure éternellement et que jamais nous soyons touchés, j’aimerais juste dire au Bon Dieu que ce serait vraiment malheureux. 

Dois-je lui rappeler, comme me l’a récemment fait un ami, et qui se reconnaitra, que notre peuple ne pourrait jamais se conformer à toutes ces mesures sanitaires et hygiéniques qu’exige la préservation de ce mal apparemment incurable. 

Nos ne pouvons pas suivre ni respecter la moindre de ces mesures. 

D’abord, par exemple, comme nous sommes un peuple aimant et affectueux, nous passons notre journée et parfois la nuit à nous embrasser. Or, avec un masque, reconnaissez-le, ce n’est pas très pratique.  

Puis, Mon Dieu, vous savez bien que chez nous, à la maison ou ailleurs, on mange dans le même plat, on boit tous dans le même verre, on utilise tous la même serviette, voire la même brosse à dent, et que beaucoup de nos compatriotes dorment très nombreux dans la même chambre, collés les uns aux autres. 

Alors, Mon Dieu, si j’ai une seule chose à vous demander, c’est de continuer de nous protéger comme vous l’avez si bien fait jusqu’à présent. 

Nous sommes un peuple si gentil, si sympa et, surtout, si désarmé. Personnellement, après, je vous promets de ne plus rien vous demander.
Merci mon Dieu. 

En attendant que rien ne nous arrive, , inchallah, je vous souhaite un très bon weekend, et vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit.  

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi scénariste, écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma