Le sujet que j’ai choisi pour vous ce vendredi, n’est pas très nouveau. Il est même très récurent. En vérité, si je devais m’écouter, je devrais y renoncer parce que je crois que plus personne n’y croit. Personnellement, ces dernières années, j’ai dû en parler au moins une dizaine de fois dans divers billets et chroniques.

Il s’agit, vous l’avez probablement deviner, des fameux Alcootests.

En effet, l’Alcootest fait partie des sujets dont on parle ici, au Maroc, à chaque fois que l’on veut qu’on parle d’autre chose. En effet, c’est un excellent sujet de discussion et de… diversion.

Et bien, discutons.

D’abord, c’est quoi un alcootest ? C’est un appareil dans lequel un conducteur ou une conductrice est parfois obligé(e) par les policiers de souffler afin de détecter son alcoolémie. Et qu’est-ce que l’alcoolémie ? C’est le taux d’alcool contenu dans le sang.

Mais pourquoi, me demanderiez-vous, je vous parle d’Alcootest, alors que nous sommes encore au mois de ramadan, le mois le plus sobre de l’année ? Parce que tout simplement, on vient de le ressortir une fois encore, pour nous annoncer, une fois de plus, qu’il sera mis en application, d’une manière “imminente”. Quand ? Juste à la fin du ramadan… nous, dit-on.

Maintenant, à vous de le croire ou de ne pas le croire. Quant à moi, je ne vous cache pas que je suis plutôt dubitatif.

Je vous rappelle que cette mesure de contrôle est appliquée partout dans le monde “normal”, c’est-à-dire là où il n’y a pas, entre autres, d’hypocrisie religieuse, dans le but de réduire la conduite en état d’ébriété, et d’éviter des accidents. Chez nous, au Maroc, elle a été instaurée comme loi à travers l’article 207 du nouveau code de la route. Cet article stipule très clairement que “les officiers de la police judiciaire (…) peuvent imposer un test de l’haleine qui consiste à souffler dans un appareil qui détecte le niveau d’imprégnation alcoolique dans l’air alvéolaire expiré”.
 Dois-je vous préciser que cette “nouvelle” loi date de 2010, et que son application a été annoncée plusieurs fois, mais qu’elle n’a jamais été exécutée à ce jour, alors que les appareils auarient déjà été achetés il y a belle lurette, et somnoleraient quelque part dans je ne sais quel hangar comme des soulards.

Cela dit, soyons francs, ce n’est pas facile du tout. Je vous explique. 
Quand on parle de tester l’alcoolémie, cela veut dire qu’on ne cherche pas à savoir si notre conducteur ou notre conductrice a consommé de l’alcool, mais de mesurer si le taux d’alcool n’a pas dépassé le seuil admis. Et oui ! Cela signifie qu’en faisant ce contrôle, l’agent de police ou de gendarmerie, qui représente l’Etat musulman et tout et tout, admet, a priori, que nous, les musulmans et les musulmanes de ce pays, avons parfaitement le droit non seulement de boire de l’alcool, mais aussi de conduire, mais à condition, bien entendu, de ne pas dépasser la dose prescrite. C’est comme là-haut, quoi…

Moi, ce qui me fait vraiment marrer dans cette histoire c’est que si jamais c’est réellement appliqué, ce serait la mesure la plus laïque prise par un gouvernement d’un pays musulman dirigé par un chef de parti islamique. C’est marrant, non ?

Sauf que, personnellement, tant que je ne l’ai pas vu de visu, et testé de testu, je reste en mode circonspect. 


En attendant, faisons nôtre ce célèbre et excellent slogan : boire ou conduire, il faut choisir.

A la semaine prochaine pour un autre autre vendredi, tout est dit.

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma