J’ai beau essayer de ne pas aborder ce sujet ou de tenter de le contourner, mais c’est impossible. 

Bien sûr, je pourrais parfaitement vous parler de peinture contemporaine, de cinéma d’auteur, de l’influence des astres, ou même de la sexualité des coléoptères, mais je suis sûr que vous n’allez pas dépasser la première ligne. Et comme je vous comprends ! 

D’ailleurs, je me mets à votre place, et j’y suis, parce que nous sommes tous ou presque, logés à la même enseigne : confinés, chez nous, bien au chaud, bien au frais, ou bien à l’étroit, parce que, je ne sais pas si vous le savez ou pas, il y en a qui sont beaucoup plus que trois au … mètre carré. J’exagère à peine. 

Bon. J’arrête parce que je risque de déraper. Et par les temps qui courent, il ne fait pas bon de sortir du sujet, et encore moins, de ne pas dire la même chose que les autres, ni de critiquer ce que disent les autres. 

Avant, on avait peur du politiquement incorrect, aujourd’hui, on craint le socialement  déplacé. 

Sauf que moi, et je suppose que vous avez commencé à me connaitre un peu plus, toutes les règles barrière à la liberté de s’exprimer ou juste de délirer, je n’aime pas du tout ça. Ce n’est pas par esprit de contradiction, mais parce que je pense qu’on n’a pas le droit d’empêcher quelqu’un de penser autrement et surtout de pouvoir le dire. 

En vérité, ce n’est pas de cela, ou pas tout à fait, que j’avais envie de vous parler cette semaine, mais de la cacophonie qui règne ces derniers jours autour de cette méchante pandémie.

Pour commencer, si ça peut faire plaisir, je lève, moi aussi, et comme il se doit, une fois encore, mon chapeau, très haut à tout ce qui a été entrepris, depuis le début, pour combattre l’affreux virus aux yeux bridés (oui, parce que, depuis quelques heures, on sait plus ou moins d’où il serait venu) et tout ce qu’on continue d’entreprendre pour atténuer, autant que faire se peut, son impact sur notre vie et surtout sur celles de ce qu’on appelle joliment, ici, “les démunis”.  

Et je pense qu’après avoir rappelé cette vérité irréfutable, j’ai quand même le droit de dire, ou de répéter, qu’en parallèle avec toutes les actions positives qui ont été entreprises, et que même nos meilleurs ennemis ont fini par reconnaître, la communication qui se fait autour d’elles manque de rigueur, de cohérence, et, surtout, de clarté. 

D’abord, je vais dire une chose qui va me valoir certainement encore des réprimandes, mais au point où j’en suis … : chez nous, tout le monde parle de tout, et finalement, de rien. 

Je ne parle pas des gens, du petit peuple, ou de ceux qu’on appelait jadis “l’élite”, ceux-là, à la limite, peuvent palabrer autant qu’ils veulent, leur voix restera toujours peu entendue, et l’impact de leurs propos toujours limité. 

Non, je veux parler des médias, dans toute leur diversité. 

Tout d’abord, chacun se croit investi d’une mission sacro-sainte, officielle, pour accompagner et  encadrer cette grande opération de combat contre la pandémie.

Oui, d’accord, ils ont un rôle, un rôle important même, mais qu’ils ne se sentent pas obligés de nous rabâcher tout le temps les mêmes conseils éculés, sous forme d’ordres quasi militaires, et qu’ils essayent, au moins, de le faire sans nous gronder, et sans nous prendre, tous, pour des sourds, des séniles ou des imbéciles. 

Et je ferais l’autre reproche à nos grands responsables, bien sûr, avec tout le respect que je leur dois, notamment ceux qui sont les plus actifs et les plus en vue en ce moment.

Je vais commencer par celui en charge de notre industrie, notre commerce et plein d’autres choses, et depuis quelque temps, nos masques de protection. 

Moi, je l’aime beaucoup, et ça date de bien longtemps. Je trouve que c’est un vrai battant et ce qu’il a fait dans l’affaire des masques, et en un temps record, est vraiment phénoménal, mais côté communication, franchement, il y a, comme qui dirait, des ratés.  

Vous savez  – et là, maintenant, c’est l’ex fils de pub que j’étais qui parle – les effets d’annonce c’est bien, mais c’est souvent casse-gueule quand le reste ne suit pas. 

Ça, c’est dit.

Le 2ème responsable, très en vue aussi en ce moment, mais, hélas, que l’on voit si peu pour ne pas dire jamais, c’est celui de la Santé. 

Voilà un monsieur qui est sûrement au front, mais qui, par discrétion ou par timidité, préfère rester caché dans la tranchée. C’est vraiment dommage, car, pour l’avoir récemment entendu, il a beaucoup de choses intéressantes à dire, mais lui préfère confier la mission de nous informer à un de ses directeurs, lequel doit être également très compétent dans son domaine, mais qui doit reconnaître qu’il n’est ni très éloquent ni, surtout, très clair. 

Voilà, je l’ai dit. Maintenant, vous pouvez m’engueuler. 

Cela ne m’empêchera pas de vous souhaiter un bon week-end, un bon confinement qui n’est pas prêt de s’arrêter, et de vous dire à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit. 

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi scénariste, écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma