Je me trouve actuellement à Nador, une ville dont je suis sûr que beaucoup de mes concitoyens et concitoyennes ignorent jusqu’à sa place sur la carte. Pourtant, elle mérite vraiment qu’on se déplace pour la découvrir, et pour connaitre sa population qui, d’ailleurs, ne demande qu’à être connue.

Il faut dire que ce n’est pas seulement Nador qui reste méconnue des Marocains. Pratiquement toute la région dite de l’Oriental, une région qui est autant belle qu’accueillante, est victime de son éloignement, pas uniquement géographique du Centre, et en même temps elle est victime de tellement de préjugés qui sont souvent faux, souvent stupides et, surtout, souvent injustes.
J’avoue que moi-même je n’ai découvert cette ville et cette région que sur le tard. Certes, Il m’était arrivé d’y faire quelques passages de temps en temps, mais ils étaient courts qu’ils étaient incapables de me donner une idée juste ni sur la richesse de cette région ni, encore moins, sur ses spécifiés, notamment culturelles, qui sont bien réelles.

Aujourd’hui, alors que nous sommes toujours en plein dans cette terrible pandémie qui n’a que trop duré, et à l’heure où je commets ces lignes, Nador abrite une manifestation culturelle et artistique qui fait la fierté des gens de cette ville, du moins de ceux qui ont conscience de ce qu’elle représente et de ce qu’elle est capable de leur apporter aussi bien en termes de visibilité qu’en termes d’image.
Cette manifestions n’est autre que le Festival International du Cinéma et Mémoire Commune qui est organisé chaque année par “Le Centre de la Mémoire Commune pour la Démocratie et la Paix”, et qui est à sa 9ème édition.   

Cette édition avait été reportée plusieurs fois à tel point qu’elle avait failli être annulée définitivement. Elle a été sauvée in extrémis par l’Université Mohammed Premier d’Oujda, qui a soutenu cette édition et a permis de l’accueillir dans l’enceinte de la belle Faculté Pluridisciplinaire de Nador. 

C’est une première dans l’histoire de cet établissement, et je pense que c’est également une première dans l’histoire de l’Université Marocaine en général. En tout cas, pour y avoir passé toute une semaine, je puis témoigner que les responsables de cette faculté ont mis tous les moyens au service des organisateurs de cette édition et leur ont accordé toutes les conditions nécessaires à sa réussite. 

Je rappelle que cet événement se tient alors que le Maroc vit toujours sous “l’état d’urgence sanitaire”, avec tout ce que cela comporte et exige comme mesures et règles à respecter. 

D’ailleurs, durant toute la durée de cette manifestation, rien n’a été laissé au hasard pour préserver la sécurité et la santé des festivaliers et surtout des étudiants et des étudiantes de cette faculté qui étaient bien contents de pouvoir assister, sur place, en direct, à la projection de films inédits, venus du monde entier, ou bien de pouvoir suivre en live, sur internet, à travers une plateforme dédiée, les tables ronde et conférences organisées en marge et dans le cadre de cette édition.

Je suis certain qu’aussi bien les responsables de cette université et de cette faculté, que ses étudiants et étudiantes, ont parfaitement compris l’importance de cet événement et ont pris toute sa mesure, conscients qu’ils sont que c’était une occasion inespérée et exceptionnelle pour que le monde universitaire renoue les relations et les liens avec le monde des arts et de la culture, liens et relations qui auraient dû ne jamais être coupés. 

Quant à tous ces énergumènes négatifs et ces parasites, notamment ces faux journalistes, de la région ou d’ailleurs, qui ont pensé qu’en chahutant cet événement avec des arguments fallacieux et fantaisistes pour la plupart, ils allaient le capoter, ils ont en eu pour leur compte. Le succès sans conteste de cette édition, qui a été très particulière à tout point de vue, est la preuve que les activistes et les passionnés de la culture ont la tête dure et sont tout à fait capables de faire face à tous les obstacles et d’affronter tous les tabous et tous les interdits.
Tout ce que j’espère c’est que cette magnifique initiative, constitué par ce beau partenariat entre l’université et le monde de la culture, devienne rapidement un exemple à suivre, et soit le prélude à une alliance plus stratégique, plus globale et plus pérenne.
Amen.
En attendant, je vous souhaite un très bon weekend positif et optimiste, et vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit.  

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma