L’année 2019 va bientôt nous quitter, et je puis vous dire quant à moi que c’est vraiment sans regret. Je ne suis pas quelqu’un qui se plaint des mauvaises années, mais celle-ci a été, globalement, pas très agréable, et parfois absolument dégueulasse, mais, c’est la vie. Il y a du bon, de l’heureux, du joyeux, mais aussi, hélas, du mauvais, du malheureux et du pas gai du tout. La vie est ainsi faite. C’est un pack.  On ne peut pas choisir ce qu’on veut et écarter le reste. On est obligés de prendre tout ce qu’il y a.

La vie n’est pas un magasin de cadeaux. 

J’arrête là ma philosophie à deux centimes, et j’en viens au propos que j’ai choisi de développer pour vous cette semaine. 
En vérité, on ne va pas être très loin des magasins, des cadeaux, bref, des fêtes de fin d’année. 

Le sujet dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui n’est ni nouveau ni original. Dans le monde la presse et des médias, on appelle cela “un marronnier”. En fait, un marronnier c’est un sujet qui revient tous les ans à la même période, ou même plusieurs fois dans l’année, et qui permet aux journalistes en mal d’inspiration de pouvoir écrire des articles qu’ils ont déjà écrit maintes fois. On peut citer, par exemple,  le temps qu’il fait, la rentrée scolaire, les vacances, les soldes d’hiver ou d’été, les SDF, la plage, la neige etc. Et, parmi ces thèmes répétitifs et redondants, se trouvent les réveillons de Noël et de fin d’année.

Je me souviens quand j’étais jeune ado, ou même jeune père de famille, nous fêtions tout cela très normalement et très sereinement, sans que personne n’en trouve à redire. 

Je me rappelle, par exemple, quand j’étais au primaire, chaque année notre école achetait un grand sapin qu’on mettait sous le prévaut et qu’on décorait tous ensemble : élèves, instituteurs et institutrices, et même parfois la directrice. Cela prenait plusieurs jours jusqu’au jour, la veille de Noël, où on arrivait le matin et on le trouvait tout illuminé, avec ses jolies guirlandes et sa fausse neige. Pour nous, était un vrai bonheur. Et nous étions encore plus heureux lorsqu’à la fin de la journée, on revenait chacun avec son petit paquet cadeau à la maison, et tout le monde était content, y compris, mon père, paix à son âme, qui était on ne peut plus pieux. 

Plus tard, j’ai fait cela avec mes enfants, à la maison, et je sais qu’ils en gardent un très bon souvenir, sans que cela n’ébranle ni leur équilibre psychologique, ni identitaire, ni spirituel. 

Or, depuis quelques années, juste à ce moment de l’année, les mêmes discours vaguement religieux et vachement creux reviennent pour nous sermonner en nous rappelant que Noël serait une fête chrétienne, donc, une fête mécréante, et promettent à ceux et à celles qui la fêtent l’enfer à perpét. 

Je n’ai aucune envie de leur donner de leçons ni encore moins de me défendre. Un imbécile est un imbécile et on aura beau essayer de lui expliquer, il ne comprendra jamais. Par contre j’ai envie de  dire à ceux et à celles qui nous cassent la tête, en essayant de nous convaincre que nous sommes sortis du bon chemin, et qui nous rappelent que “les autres”  – entendez : les chrétiens, les juifs, les boudhistes, bref, les mécréants – eux, ne célèbrent jamais nos fêtes à nous – entendez : les musulmans qui allons tous au paradis – comme, par exemple, la fête du mouton, l’Achoura, le Mouloud etc.

En fait, cet argument se veut fatal et indiscutable : nous imitons “l’autre”, alors que l’autre nous ignore. 

Alors, justement, à propos d’imiter, j’ai envie de rafraîchir la mémoire de ces sermonneurs et ses redresseurs de tort. Tout ce qu’ils utilisent, quotidiennement, dans leur vie de tous les jours, sont ou d’invention et/ou de fabrication des mécréants. Des exemples ? J’en ai des dizaines. Je vais en citer jusque quelques uns : l’électricité, la voiture, l’avion, le téléphone, l’ordinateur, la radio, la télé, les médicament, et même juste la montre – même s’ils la mettent au poignet droit sous prétexte que les “mécréants” la mettent, eux, au poignet gauche. N’importe quoi !  

Alors, dites-moi, Noël c’est péché, c’est sacrilège, c’est Haram, et le iPhone, le Mac, la Toyota, l’AirBus et tout ça, c’est admis, c’est toléré … ? Hein ? 
Comme on dit chez nous : “Allah yan3al Alli Ma Ya7cham !” ( Traduction : Que Dieu Maudisse ceux qui n’ont pas honte). Dites amine.

En tout cas, moi, j’ai fêté Noël, on m’a offert des cadeaux et j’en ai offert à mon tour, et je m’apprête à fêter, bientôt, Inchallah, le réveillon de fin d’année. 

Et que ceux qui ne sont pas contents …

Quant à vous, mes chères lectrices et mes chers lecteurs, je vous souhaite une très bonne fin de semaine, une très bonne fin d’année et une très bonne nouvelle année, et je vous dis tout simplement à l’année prochaine, pour un autre vendredi, tout est dit. 

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi scénariste, écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma