Aujourd’hui, je vais laisser de côté le débat sur le confinement qui ne finit pas de finir et le  déconfinement qui ne finit pas de commencer, et je vais vous parler d’un virus encore plus dangereux que celui du Sida et encore plus contagieux que le Corona. 

Ce virus n’est pas né dans un mystérieux laboratoire chinois ou américain et ne nous pas été transmis non plus par un animal domestique ou sauvage. 

Lui, il est le fruit d’un mariage consanguin de la bêtise avec l’obscurantisme, un mariage clandestin qui cherche en vain, et depuis des lustres, une légitimité, mais qui se contente d’un soutien populaire, hélas très grand, qui renforce sa force et entretient une large propagation dans le temps et dans l’espace.

Ce virus est sournois et lâche et se cache souvent derrière des règles sociétales qu’il décrète à sa guise ou qu’il réécrit à sa manière, et des textes religieux qu’il ré-interprète selon ses propres fantasmes et complexes ou re-cuisine à ses propres sauces. 

Ce virus est invisible à l’oeil nu, mais reconnaissable les yeux fermés. Il propage l’intolérance, attaque les libertés, soutient le fanatisme, prône les punitions, défend les lapidations, crie au diable en jouant à l’ange, désigne du doigt l’accusé(e) sans l’avoir connu(e), et lui dicte des devoirs ou nom d’un droit qu’il n’a jamais lu. 

Il est à la fois le montreur du droit chemin, le policier, l’inspecteur et le geôlier.

Il est le procureur auto-proclamé et s’empresse pour prendre la place du juge. 

Ses sentences sont presque toujours mortelles sont sans appel.

Ce virus est incarné par des êtres humains qui manifestent une aversion viscérale envers tous ceux et toutes celles qui ne sont pas comme eux, qui ne pensent pas comme eux, qui ne se comportent pas comme eux, qui ne parlent pas comme eux, qui ne suivent pas, à l’esprit et à la lettre, les règles rigides, rigoureux, inflexibles, indiscutables, qu’ils ont établies pour les autres. Et ce sont ces règles qu’ils ressortent et qu’ils rappellent à chaque fois que quelqu’un d’entre nous leur montre qu’il ne veut pas les suivre, parce qu’il veut agir autrement, agir comme bon lui semble, agir comme ça lui chante, agit-r comme un être libre. 

Libre. Liberté. Libertés. Voilà les mots que ceux qui portent ce virus détestent et dont ils ont horreur. Dès qu’ils les entendent, ils deviennent fous furieux et crient à la démence, à l’aliénation et à l’apostasie.   

Les porteurs de ce virus sont très nombreux dans notre pays, et on les trouve partout, y compris dans les milieux aisés ou dits instruits. 

D’ailleurs, ils ressemblent un peu aux cas asymptomatiques du Coronavirus. Ce sont des gens qui sont malades, donc contagieux et potentiellement dangereux, mais qui cachent leur état jusqu’au jour où l’occasion idéale se présente pour eux, c’est-à-dire quand un accusé ou une accusée désignée et jamais présumé(e) à leurs yeux, leur tombe sous la main. Et c’est à ce moment-là qu’ils montrent leur vrai visage, retroussent leurs manches, éclaircissent leurs voix, aiguisent leurs doigts et se donnent à coeur-joie à leur jeu favori, le réquisitoire, et leur passion préférée, la vindicte. 

Ils se sentent souvent forts et légitimes parce qu’ils pensent avoir des alliés de taille et de poids, et qu’ils ont parfois : la précipitation maladroite des pouvoirs publics et le silence assourdissant des intellectuels et autres sourds-muets volontaires. 

Ce virus, il faut le combattre pour l’anéantir et le faire disparaître à jamais car il est l’ennemi juré du développement de notre pays et de l’épanouissement de notre société. 

Et parce qu’il est probablement plus redoutable que tous les virus que nous connaissons, et qu’il n’y a et qu’il n’y aura jamais aucun vaccin contre lui, la seule arme dont il a une peur bleue parce qu’il sait qu’elle est la seule qui peut le faire disparaître :  c’est la lumière. 

La lumière de l’éducation  et de la connaissance. La lumière de la recherche et des sciences. La lumière de la culture, des arts et de la jouissance. 

Alors si, comme moi, vous voulez que notre pays prenne enfin le droit chemin, celui qui le mènera et nous mènera aux buts auquel nous aspirons tous, à savoir une société où règnent la liberté, l’égalité, l’humanité, la prospérité et la sérénité, vous savez ce qu’il nous reste à faire.

En attendant, je vous souhaite un très bon week-end de confinement qui n’en est plus tout à fait un, et vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit.      

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma