Je m’étais promis d’être optimiste cette semaine et de miser sur l’avenir, comme disent les politiques. Et bien, même si les indicateurs sont encore assez flous, je vais tenir ma promesse qui, d’ailleurs, n’engage que moi. 

En fait, quand je dis que “les indicateurs sont assez flous”, c’est un euphémisme un peu hypocrite pour éviter de vous casser le moral, à un moment où nous tous et nous toutes, nous n’avons qu’une seule envie, c’est de nous casser de chez nous, et partir. Sauf qu’avant de pouvoir partir, il faudrait d’abord sortir, et ça, on ne sait pas encore ni quand, ni comment.

On attendait l’intervention de notre chef de gouvernement comme d’autres attendaient Godot, c’est à dire avec cette logique de l’absurde qui veut que tout en sachant qu’on n’allait rien apprendre de précis, on était collés à sa bouche et à ses mains – alors qu’on n‘arrête pas de nous répéter de nous en éloigner – dans l’attente d’apprendre ce qu’on attend depuis plusieurs semaines, à savoir de savoir si on allait enfin pouvoir sortir, et si oui, quand, et puis, ensuite, comment.

Or, on a rien su de tout cela. Enfin, pour être honnête, je dois dire qu’on a quand même appris que s’il n’y a encore aucun plan, ni aucune vision, il y a quand même pas mal de scénarios sur lesquels des comités et des commissions travaillent depuis longtemps, ce qui n’est pas peu, étant donné – et on n’a jamais cessé de le répéter – qu’un des plus grands problèmes de notre cinéma c’est, justement, l’insuffisance de scénarios.

Vous allez me dire que là, on n’est pas dans le cinéma, et je vais vous répliquer que, justement, tout est cinéma. Et je ne vais pas vous en dire plus, vous n’avez qu’à faire bosser votre imagination.Revenons à l’optimisme.J’ai fait un rêve.

D’ailleurs, depuis que nous sommes en confinement, je ne fais que rêver.

Alors, justement, le dernier rêve que j’ai fait, et que j’aimerais bien qu’il se réalise un jour, c’est celui-ci : Nous sommes en période normale, autrement dit, pas de virus, pas de pandémie, pas de confinement, pas de couvre-feu, pas de masque à mettre et à changer toutes les 3 heures, pas de lavages répétés au savon et/ou au gel hydro-alccolique, pas d’autorisation de sortie, pas de sermons à écouter de force à la télévision et à la radio, pas d’ordres des forces de l’ordre…

Nous vivons dans des villes polluées, bruyantes et embouteillées, avec ses klaxons, ses engueulades et ses pickpockets, avec des cafés bondés et enfumés, des restaurants chers et pleins à craquer, des plages noires de monde et où on reçoit avec le sourire des ballons dans la figure, des routes et des autoroutes où l’on roule, tout contents, pare-choc contre pare-choc, bref, la belle vie comme on nous la vivions avant.

Je me baladais seul, des écouteurs dans les oreilles, me délectant d’une belle musique romantique. J’étais sur une nuage, surplombant tout ce monde qui était à mes pieds. Je me sentais comme un poisson dans l’eau, c’est-à-dire que je tournais en rond sans savoir que faire ni où aller. Et soudain, la musique s’est arrêtée et j’entends une belle voix langoureuse qui m’interpelle :

“ö toi qui ne sais que faire ni où aller, tu es libre aujourd’hui, et c’est bientôt les vacances, mais tu ne peux aller nulle part. Toutes les frontières sont encore fermées. Alors, tu n’as qu’une seule solution : rester chez toi, chez nous, dans notre si beau pays. Alors, viens chez nous, et tu auras tout. Tu seras notre touriste national à nous. nous t’accueillerons, comme les autres, avec le folklore, les tambourins, les danseurs, les danseuses et tout ça. Tu verras, tu aimeras. En plus, nous te ferons un bon prix. D’ailleurs, tu n’auras pas le choix, tu n’auras que son embarras. C’est le rêve, quoi…

Alors, viens, viens, viens… donne ta main” Et juste au moment où je voulais tendre ma main, je me réveille en sursaut et j’entends une voix rauque et sévère qui me rappelle à l’ordre : “ Non ! pas avec la main ! Jamais !”.Alors, je me suis retenu, je me suis levé et je suis allé me laver les mains.

Dur, dur la vie d’un confiné qui ne sait pas quand ni comment va-t-il sortir.

Pourtant, croyez-moi, moi, je reste optimiste. Après tout, il y a une fin à tout. Comme disait le Grand Charles De Gaule : “La fin de l’espoir, c’est le commencement de la mort”. Alors, vive l’espoir et vive la vie.

Dans l’attente d’une prochaine libération avec un prochain déconfinement, je vous souhaite un très bon weekend et je vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit. 

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi scénariste, écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma