Je suis désolé de revenir, encore fois à cet affreux virus qui nous complique la vie et pourrait, à Dieu ne plaise, nous l’ôter complètement. Cette fois-ci, je vais essayer de ne pas trop m’attarder sur ses dangers réels, même s’il n’est plus seulement à nos portes, mais qu’il est carrément chez nous. 

Après tout, béni ou pas, Saints protecteurs ou pas assez, nous sommes un pays comme les autres, c’est-à-dire perméable au bon, au mauvais, et parfois au pire des maux. 

Justement ce qui nous console un peu sans toutefois nous rassurer, c’est que ce mal touche le monde entier, et nous suivons avec beaucoup de curiosité et beaucoup d’intérêt comment ce monde entier se comporte avec lui, et comment il lutte contre lui. 

Quant à nous, il semble que nous avons attendu qu’il soit bel et bien chez nous, et que nous soyons sûrs que c’est bien de lui qu’il s’agit, c’est-à-dire ce virus estampillé d’origine garanti “Made in China” et non une vague imitation européenne ou américaine, pour que nous décidions enfin de le prendre au sérieux. 

Pour tout vous dire, j’étais très inquiet pour moi, pour mes proches et pour tous les gens que j’aime, mais je le suis encore plus depuis que je vois comment nos responsables sont en train de communiquer avec nous sur lui… si on peut appeler ça “communiquer”.

En effet, depuis qu’on a commencé à parlé de ce vilain virus, j’étais certain qu’un jour ou l’autre qu’il allait traverser nos frontières, et j’étais vraiment curieux de voir comme nos gouvernants allaient nous annoncer la mauvaise nouvelle de son arrivée, et  comment ils allaient nous dire ce qu’ils comptent faire pour nous en protéger, et, surtout, nous dire ce que nous devons faire pour ne pas le contracter.   

Et bien, ça n’a pas tardé. 

D’abord,  il faut reconnaitre que le premier cas a été annoncé officiellement avant même que le pauvre n’ait été déposé sur un lit d’hôpital, bien isolé de autres et des siens qui, d’ailleurs, n’avaient aucune envie de s’en approcher.  

Et c’est le 2ème cas, quelques jours après, qui semble avoir déclenché le branle-bas de combat. Mais attention, pour l’instant, il n’y a pas encore d’armes nucléaires, mais juste d’une série de mesures, dont l’interdiction, je cite, de “  tous les événements avec participation étrangère, y compris les conférences, les rencontres culturelles ou sportives, quelles qu’elles soient, tous les événements rassemblant plus de 1.000 personnes résidentes ou pas dans un lieu fermé, tous les festivals, exception faite des moussems. Par contre, les rencontres sportives nationales ou internationales pourront avoir lieu, à condition de se dérouler à huit-clos”.

C’est vrai que ces mesures ressemblent plus ou moins à celles qui ont été prises  par d’autres pays, notamment européens, sauf que les nôtres appellent plusieurs remarques.

La première, c’est qu’elles émanent du ministère de l’intérieur et qu’elles ont été relayées par le Ministère de la Culture et de la Jeunesse et des Sports, à moins que ce ne soit le contraire, ce qui, à mon avis, serait très invraisemblable. 

Ma 2ème remarque concerne cette exception bizarre accordée aux rencontres périodiques à caractère campagnard exotique et surtout festif qu’on appelle “les moussems”, comme s’il n’y avait aucun risque de contamination alors qu’on sait tous que la densité et la promiscuité y règnent en maîtres. 

A moins qu’on ait décidé, populisme oblige, de maintenir ces rendez-vous quitte à y laisser quelques victimes consentantes. Après tout, le peuple, y en a en pagaille.

La 3ème remarque c’est ce chiffre symbolique de 1000 personnes, seuil au-dessus duquel le risque de contagion deviendrait inévitable. Autrement dit, à 1000, on est sûrs d’en sortir vivants, mais s’il y a une personne de plus, ça risque de devenir fatal pour tous. A supposer que ce soit vrai, est-ce que l’Etat dispose de ressources humaines et de moyens suffisants pour assurer toutes ces opérations de comptage ? 

 Cela dit, on ne peut pas ne pas s’interroger sur tous ces autres grands lieux de rencontre massive que sont, par exemple, les grandes surfaces et autres Malls qui reçoivent chaque jour des centaines, voire des milliers de clients ou visiteurs.

Que dire aussi sur les souks hebdomadaires qui se tiennent un peu partout dans nos campagnes, sur les promenades de week-end  en centre-ville, sur les corniches ou ailleurs ? Quid également des grands restaurants, cafés, salles de sports etc. où se bouscule souvent une population nombreuse et hétérogène et parmi laquelle, qui sait ?, il pourrait bien y avoir une ou deux personnes contaminées ? 

Et j’ai laissé le plus… comment dire… le plus difficile à dire, à savoir les… mosquées. 

Je ne pense pas que c’est un sacrilège que de se demander si ces lieux sacrés ne présentent aucun risque de contamination, en particulier le jour de grande influence, à savoir les vendredi. Franchement, que ça plaise ou pas, je trouve que le fait d’occulter les mosquées constitue une grave erreur qui pourrait entrainer des conséquences fâcheuses. Oui, je sais que nous sommes un pays musulman, mais je ne pense pas que nous soyons plus musulmans que l’Arabie Saoudite qui, elle, n’a pas hésité à interdire carrément la Oumra à la Mecque. 

Bref, tel que c’est parti, je crois qu’on est mal barrés. 

Alors, prions pour qu’il n’y ait pas trop de dégâts. Amen.

En attendant, je vous souhaite un très bon weekend et vous dis à la semaine prochaine pour de meilleurs nouvelles et pour un autre vendredi tout est dit. 

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi scénariste, écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma