Qu’est-ce que j’aurais voulu vous parler d’autre chose que de notre gouvernement et de Corona, et de la gestion tâtonneuse et pifométrique de l’un de l’autre ! 

Qu’est-que j’aurais bien aimé, pour une fois, dire du bien de nos ministres surtout ceux qui sont censés être sur le front. Au fond, peut-être qu’ils le sont vraiment, mais qu’est-ce qu’ils le montrent mal ! 

Qu’est-ce que j’aurais souhaité qu’au lieu de relever les multiples cafouillages, tâtonnements, bidouillages, bafouillements, virages, revirements, j’en passe et des pires, du chef de notre gouvernement, que je souligne plutôt son assurance, sa clarté, sa cohérence, son acuité, sa confiance en toute circonstance, et ce qu’i a vraiment apporté…! 

Je vais le dire autrement et en termes très crus : cet homme-là, je le respecte pour son statut, mais pas pour sa stature. Je ne dois pas être le seul, je le sais, mais, moi, je vous jure que je le plains, et je compatis pour lui. J’ai l’impression que plus il reçoit de coups, de tout le monde, de n’importe qui et de partout, et plus il semble être l’homme le plus heureux du monde. Je crois vraiment que ce n’est pas normal, 

D’aucuns pourraient lui conseiller de se faire psychanalyser, mais je ne suis pas sûr que ça puisse servir à quelque chose. Pour avoir flirté, il y a très longtemps, avec la politique pure et dure, si j’avais un seul conseil à lui donner, c’est d’arrêter. Et d’arrêter les dégâts. Je ne sais pas s’il le sait, je ne sais pas s’il en est conscient, je ne sais pas d’ailleurs que ceux qui s’amusent à vouloir qu’on s’amuse de lui, pensant ainsi qu’ils vont l’affaiblir et, partant, affaiblir son parti, sont vraiment conscients que tout le monde en pâtit. 

En tout cas, personnellement, ça ne m’amuse plus de voir ce massacre, parce que c’en est un.
Je reviens sur Corona made in Morocco.
Rappelez-vous toutes les auto-congratulations que nous n’avions pas cessé de nous auto-lancer tous les jours et à longueur de journée. Nous sommes le pays le plus ceci… le mieux cela… le premier à … le dernier qui … Oui, mais tout ça, c’était avant, tout ça est parti. 

Et maintenant… ?
Ouais, on va dire que c’est nous, le peuple, qui sommes indisciplinés, qui ne respectons pas les règles, qui n’avons pas compris que s’ils nous ont dé-confinés, ce n’est pas parce que c’était fini, mais parce que la machine économique ne tenait plus le coup (mais ça, il faut vraiment que ça reste entre nous). Et, justement, qu’il fallait qu’on fasse n’importe quoi ou se comporter n’importe comment. Ce n’est pas parce qu’ils nous ont permis, et Dieu les remercie, d’acheter le mouton, qu’il fallait faire la fête ! Nous, le peuple, parce que nous sommes bêtes et stupides, nous n’avons pas compris que le mouton, certes, il fallait l’acheter, mais pas forcément pour l’égorger, mais juste pour que les éleveurs les laissent tranquilles et ne leur demandent pas, eux aussi, de leur donner du fric comme ces pauvres smicards et ramidistes. Et ce n’est pas parce qu’on nous a dit qu’il y aurait des souks aussi nickels que la Nasa et des bouchers aussi stérilisés que des cosmonautes, qu’il fallait les prendre au mot ! 

Cela dit, maintenant, ce qui est fait est fait. On ne refait pas l’histoire, et on ne peut pas revenir en arrière. Déjà, qu’on est plus derrière que devant, même si j’ai entendu hier à la radio une auditrice lancer fièrement que, je cite, “Dieu Merci, le Maroc n’est pas le Liban” (je vous jure que c’est vrai).  

Que faire ? Eh bien, je ne sais pas. Tout ce que je sais, ou plutôt tout ce que je crois, c’est que si on continue comme ça, et si on laisse ces gens-là aux commandes, à naviguer à vue, avec nous dans la galère, à coups de décrets et de circulaires, à nous bombarder de chiffres chaque jour plus spectaculaires, on n’est pas prêts de sortir de l’auberge.
Que faire ?  Mais, je ne sais vous dis-je ! Je ne suis pas ministre, moi !
En attendant d’avoir un jour, peut-être, rêvons un peu, un gouvernement plus efficient et plus cohérent, et, tiens, j’allais les oublier ceux-là, des leaders politiques moins populistes et moins démagogiques, je vous souhaite, un très bon week-end et je vous dis à la semaine prochaine, pour un autre vendredi, tout est dit. 

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma