Comme vous avez dû le deviner, je vais vous parler aujourd’hui de l’événement culturel et artistique de la semaine, et même de l’année. Il s’agit bien sûr du très décrié et néanmoins très couru Festival International du Film de Marrakech qui en est cette année à sa 18 édition. 

Personnellement, je ne me souviens pas avoir raté une seule édition, et même l’année où ce festival n’avait pas pu avoir lieu, j’étais quand même venu à Marrakech, à la même période, pour défier le sort et implorer le ciel pour qu’il retourne très vite.

Parce que voyez-vous, et quoi que puissent penser ou clamer certains esprits aigris ou chagrins depuis la création de cet événement hors normes et, il faut le reconnaître, hors budget, ce festival est une nécessité vitale qui répond à un besoin naturel de tout peuple assoiffé de savoir et avide de culture, et pas seulement locale, mais universelle.

Justement, Le Festival International du Film de Marrakech symbolise cette quête et offre une occasion unique à tous les cinéphiles, qu’ils soient anciens, nouveaux ou futurs, de découvrir pour la première fois ou de redécouvrir tous les bienfaits du cinéma, aussi bien sur notre corps et que sur notre esprit.

Revenons à cette édition 2019 de ce festival qui a été, de l’avis presque unanime de ceux et celles qui l’ont vécue, une des plus réussies. 

Je n’ai pas pu aller à tous les lieux et à tous les espaces qui ont abrité les multiples activités conçues et réalisées par les organisateurs, mais tous les échos que j’en ai eus confirment que cette année, et plus que toutes celles qui l’ont précédées, a connu une affluence exceptionnelle avec un public autant nombreux et divers qu’assidu et discipliné.

Cela est dû probablement aux larges facilités accordées à tous les demandeurs d’accréditation, qu’ils soient lycéens, étudiants, enseignants, chercheurs ou simples amoureux ou amoureuses du 7ème art. Quel plaisir de voir les longues queues devant les barrières d’entrée et qui défiaient le temps qui était tantôt chaud et tantôt pluvieux ! 

Nous sommes le vendredi, et c’était aujourd’hui le dernier jour d’une compétition riche en découvertes cinématographiques sélectionnées et ramenées de contrées parfois très proches, comme par exemple de Tunisie ou du Sénégal, et parfois très lointaines telles que le Brésil, l’Inde, les USA, la Serbie, l’Arabie Saoudite – et oui ! – ou même l’Australie qui était l’invité officiel de cette édition. 

Je ne pourrais pas vous parler ici de tous les films qui ont été sélectionnés cette année, ni encore moins des dizaines d’autres qui ont été projetés un peu partout ici à Marrakech, y compris, chaque soir, à la célèbre place de Jamaa El Fna, comme je ne pourrais pas non plus vous raconter tout ce qui a été dit et débattu aussi bien dans les ateliers que dans les nombreuses Master classes animées par des grandes stars du cinéma Mondial.

Et à ce propos, nous venons de vivre ce vendredi soir un moment des plus émouvants à l’occasion de l’hommage qui a été rendu par le festival par un des derniers monstres du cinéma américain et mondial, j’ai nommé l’immense Robert Redford. Deux autres hommages avaient précédé celui de l’immense star américaine, à savoir celui de la grande actrice et productrice indienne Pryanka Chopra Jonas, et celui, bien mérité, à notre toujours charmante et toujours souriante comédienne Mouna Fettou.

Demain aura lieu la cérémonie de clôture et la proclamation du palmarès de cette année. Mais je pense et je suis même convaincu que, quels que soient les résultats qui seront annoncés lors de cette soirée, c’est notre pays qui en sortira encore une fois gagnant. 

Quant aux perdants, ce sera, encore une fois, tous ces esprits obscurs et obscurantistes qui cherchent depuis toujours, sous prétexte de défendre  « l’argent public » et « nos valeurs ancestrales », à nous isoler du monde et à nous éloigner de tout ce qui est culture et donc, de tout ce qui est éclairant.
Vive le cinéma et vive la vie.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un très bon weekend, et à vous dire à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit.

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi scénariste, écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma