Nous sommes à quelques jours ou peut-être de quelques heures de ce fameux remaniement de gouvernement que presque tout le monde attend et dont presque personne n’attend grand-chose. C’est paradoxal, mais nous ne sommes pas à un paradoxe près.

Moi-même, c’est vraiment mon dernier souci, et Dieu seul sait combien j’en ai, de soucis. Autrement dit, je m’intéresse à ce qu’on a appelé “le chamboulement” comme au résultat final du derby régional entre Had Kourt et Lalla Mimouna, au championnat de pétanque.

En vérité, au Maroc, si vous essayez de suivre un peu de trop près la chose politique, vous risquez facilement de perdre les boules.

D’ailleurs, vous aurez beau réfléchir, étudier, analyser, calculer, vous n’allez absolument rien comprendre.

Revenons à ce remaniement du gouvernement souhaité par beaucoup qui aimeraient y avoir une petite place et redouté par beaucoup, surtout par ceux et celles qui risquent de sauter, et c’est tout le plaisir qu’on pourrait leur souhaiter. 

On nous dit que le gouvernement va connaître une vraie cure d’amaigrissement. D’environ actuellement une quarantaine de portefeuilles répartis entre ministres, ministres délégués et secrétaires d’Etat, on passerait à seulement 25 postes, voire juste 22 ! Ca ne serait plus un gouvernement maigre, mais carrément anorexique.

Non, sérieusement, à part d’hypothétiques et bien invraisemblables économies qu’on pourrait faire par ce faire, je ne vois vraiment pas ce que cela pourrait bien changer, pour nous, les pauvres citoyens et citoyennes qui ne sommes pas ministres et qui ne le serons très probablement jamais ?

Au fait, je voudrais bien que quelqu’un m’explique le pourquoi réel de cette réduction drastique du nombre de maroquins, comme ça, du jour au lendemain ? Serait-ce un aveu formel et implicitement autocritique que tous ceux et toutes celles qui ne vont plus figurer dans la future configuration gouvernementale étaient en surplus, mais qui, en plus, étaient des incompétents avérés et des incompétentes notoires ? Si oui, pourquoi avoir attendu autant de temps avant de les évacuer ? Fallait-il qu’on tire les oreilles à leur chef pour qu’il se rende enfin compte qu’il avait une équipe qui non seulement était très obèse, mais aussi très fumiste ?

Et à propos d’équipe, d’aucuns comparent le gouvernement, et pas seulement le nôtre, à une équipe de foot. Et ils vont même parfois jusqu’à parler de Capitaine d’équipe en parlant de Chef du gouvernement. D’autres font le parallèle avec un orchestre symphonique, en insinuant que le premier des ministres serait en quelque sorte le Chef d’Orchestre. Si ces comparaisons étaient réellement raisons, cela voudrait dire que toute réduction des membres pourrait entraîner fatalement un déséquilibre qui porterait préjudice à la cohérence d’une équipe, d’un orchestre, et par voie de conséquence, d’un gouvernement.

Imaginons, par exemple, qu’on renvoie l’ailier droit, le défenseur latéral, ou l’avant-centre, ou bien, le premier violon, le pianiste ou la grosse caisse, qu’est-ce que cela pourrait donner ? Personnellement. Je n’en sais fichtre rien , parce que je ne connais rien ni en foot, ni en musique, et encore moins en politique.

D’ailleurs, je n’ai pas l’impression que vous me suivez, puisque moi-même je ne sais pas ce que je raconte. Je vous l’avais dit : à trop vouloir comprendre ce qui se passe dans notre pays, il y a un risque très fort de perdre les pédales. Et comme je n’ai pas très envie de devenir encore plus taré que je ne le suis, je vais arrêter là mes délires creux et mes calculs vaseux, et je vais faire comme tout le monde : attendre, et voir venir D’ici là, je vous souhaite un très bon week-end et vous dis et à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit.

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma