Un appel à mettre en place une nouvelle stratégie pour accélérer la transition énergétique, permettrait d’ancrer le Maroc dans une croissance verte et donner un coup d’impulsion au développement du pays.

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a présenté son avis intitulé «accélérer la transition énergétique pour installer le Maroc dans la croissance verte». Cette stratégie énergétique devra être socialement juste, équitable et inclusive, responsable sur le plan environnemental et soutenable sur le plan financier.

Dans son allocution, Ahmed Réda Chami, Président du CESE, a souligné que le Maroc dispose d’un potentiel considérable en énergies renouvelables dont la valorisation créerait de nombreux bénéfices pour le Pays, les citoyens, les entreprises et l’environnement.

La baisse des coûts des énergies renouvelables offre des opportunités complètement inenvisageables auparavant, qui amènent un changement profond de paradigme et qui appellent à accélérer la concrétisation de la Vision de Sa Majesté avec une approche d’implémentation rénovée. L’énergie peut ainsi devenir le déclencheur d’une nouvelle émergence verte du Maroc.

Pour une transformation énergétique globale, le CESE a examiné 3 scenarii à horizon 2030, 2040 et 2050 et explorer ainsi les options stratégiques à adopter dès aujourd’hui.  Ces scenarii aboutissent, de manière plus ou moins rapide, à une réduction de la dépendance aux produits pétroliers avec une part du renouvelable, produite localement, d’au moins 80% en puissance installée.

Le Conseil considère que le Maroc, grâce à l’énergie verte, est en mesure de devenir, à terme, un champion mondial en matière énergétique. Par conséquent, le paradigme énergétique actuel caractérisé par la dépendance et l’incertitude est susceptible d’être inversé : Le Maroc peut passer d’une dépendance énergétique de près de 88% aujourd’hui à 35% en 2040 et moins de 17% en 2050.

L’introduction des Energies renouvelables aurait également pour effet, en prenant en compte les prévisions de triplement de la consommation d’énergie, de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 30% et les rejets de particules d’environ 50%.

L’engagement du Maroc dans les énergies renouvelables dès 2009 a démontré toute sa pertinence. L’opportunité est toujours présente malgré les multiples changements du contexte mondial. Les actifs stratégiques fondamentaux du Maroc, matérialisés dans son potentiel solaire et éolien, peuvent aujourd’hui en générer des bénéfices socio-économiques et environnementaux très importants. L’énergie est dans ce sens considérée comme un bien économique, social et environnemental.

Le Maroc doit s’assurer de mettre en place les bons mécanismes qui vont permettre de maximiser le potentiel sans créer des effets négatifs collatéraux. La nouvelle stratégie énergétique devra ainsi mettre la justice sociale et la protection de l’environnement au même rang que l’efficacité technique et économique. Dans le but d’assurer cette bonne convergence entre les bénéfices et les enjeux, le CESE considère ainsi que la nouvelle stratégie énergétique devra :

  • Être socialement juste, équitable et inclusive, responsable sur le plan environnemental et soutenable sur le plan financier. Elle doit en définitive, permettre de bien gérer les impacts, en maitrisant et en minimisant les plus nocifs d’entre eux et en maximisant les plus avantageux pour l’ensemble de la communauté.
  • Être planifiée de manière holistique et s’articuler autour de l’augmentation de la part des EnR dans le mix énergétique, de la maitrise de la demande par la promotion de l’efficacité énergétique et de la production décentralisée, l’émergence et le développement de filières du futur autour du « Power to X », le soutien de l’innovation et de l’appropriation technologique au service de l’intégration industrielle.
  • S’accompagner d’une refonte de la gouvernance pour s’adapter aux évolutions du secteur et d’une reconfiguration des politiques publiques qui touchent à l’énergie en traitant de manière coordonnée et intégrée, plusieurs politiques connexes, actuellement, pensées et élaborées en silos.
  • Reposer sur une adhésion citoyenne élargie avec l’implication des citoyens et des territoires pour lier la transition énergétique aux enjeux du développement local.

Le texte intégral de l’avis est disponible sur le site web du CESE :https://bit.ly/2ZWdty1