La science piétine…
Elle balbutie… 
Elle bégaie…  
Depuis décembre 2019 devant une pandémie qui, chaque jour après le comptage des victimes, se révèle plus destructrice .

Et nous qui, portés par une logique ascendante triomphaliste, ,croyons que l’ère des épidémies et pandémies de cette amplitude faisait partie d’un passé lointain, moyenâgeux .

Bien évidemment, la médecine est là, les médecins et les laboratoires aussi. Blousons blancs, équipes d’hommes et de femmes masqués et vêtus en bleu clair, font partie du rituel télévisé à travers le monde .

Seulement voilà. La ligne de démarcation scientifique entre savants et experts et le commun des mortels n’est plus ce qu elle était il n’y a pas si longtemps : l’incertitude, la peur et l’angoisse se trouvent équitablement repartis entre les savants et les non savants. Faucci l’épidémiologue de marque n’est pas plus confiant que n’importe quel américain moyen traversant la rue à New York ou ailleurs .

Docteur Raoult est crédité du seau de la découverte. Le lendemain, il est discrédité. 
Poutine lance une découverte russe. L’OMS dément le bien-fondé de l’avancée. 
Le vaccin pour l’automne ! 
Non, c’est pour l’hiver au bas mot !
La Silicon Valley, fleuron de la technologie americaine et des nano research, se retrouve aussi désarmée que n’importe quel petit labo du Med west!

Et toute la panoplie gigantesque de la science se trouve ramenée pour le moment au tryptique: masques, distanciation sociale, savon…

Que conclure du point de vue philosophique ?
Que la science est obsolète ?

Non, pas du tout. Ce serait verser dans un pessimisme noir, fataliste et ténébreux. 

La science comme promesse de salvation et d’avancée prodigieuse de l’humanité, est là. Seulement voilà, et c’est sur quoi je voudrais mettre l’accent à titre de piste de réflexion :

On a trop longtemps confondu sciences et découvertes scientifiques et technologies . Du coup, dans nos imaginaires de « modernes » un amalgame s’est progressivement installé entre la science proprement dite (recherche fondamentale et découvertes) et les gadgets technologiques .

Et par voie de conséquence une deuxième évolution négative est venue se greffer sur la première, je veux dire le fait que le business a pris le pas sur la science vertueuse et désintéressée. 

Et j’en viens à cette conclusion -temporaire -: doit-on alors s’étonner que les scientifiques du dix-neuvième siècle (genre Pasteur ) étaient beaucoup plus productifs, plus performants, plus découvreurs que les scientifiques d’aujaurd hui ?

Devrait-on s’étonner aussi de ce fait patent relevé par tant de sociologues et politologues dans les pays développés, à savoir l’amenuisement de la confiance populaire en l’expertise?

NB :Pour le titre j’ai emprunté en le modifiant, le titre du philosophe viennois wittgenstein TRACTATUS LOGICO PHILOSOPHIQUES 

Pr Abderrahmane LamraniPolitologue, Universitaire, Ancien Député et Dirigeant de l’USFP. Il est membre du CNDH