Attention ! Ce titre doit être pris au 2ème degré. Ne le suivez pas à la lettre. Ne le suivez pas du tout. Sinon, vous risquez d’y laisser des plumes, sinon plus.  C’est un ami qui vous parle. Je n’aime pas trop qu’on trompe les gens.
Ces temps-ci, comme vous avez dû le remarquer, les gens sortent et vaquent à leurs occupations et à leurs loisirs, comme si de rien n’était. Il est vrai que la vie doit continuer, mais il faut d’abord et avant tout, tout faire pour la préserver. 

Vous allez me dire que si vous êtes sortis et que vous avez repris vos activités professionnelles ou ludiques habituelles, c’est parce qu’on vous l’a dit, parce qu’on vous a autorisé à le faire. 

Oui, justement, c’est parce qu’on vous l’a dit et qu’on vous a autorisé à le faire, d’une manière quand-même un peu légère, qu’il fallait attendre pour voir. Attention de nouveau : je ne suis pas en train de vous pousser à la désobéissance. D’abord, c’est pénal, et j’ai assez de soucis comme ça, mais en plus, je dois vous avouer que j’ai été un des premiers à ouvrir la porte et à filer dehors, et même à voyager, dès qu’ils ont sifflé le début de la libération. Tout ce qu’on a dit après sur les précautions, les mesures-barrière, la distanciation, le masque et tout ça, je l’ai entendu, mais je n’ai presque rien écouté, et presque rien suivi.  

En vérité, ce n’est pas tellement moi qui ne voulais pas les suivre, c’est que ce sont les autres qui ne m’aident pas à le faire. Je vais vous donner quelques exemples. Par exemple, je vais dans un café pour prendre un café, dans un glacier pour prendre une glace, dans une pizzeria pour prendre des pâtes, dans une épicerie spécialisée pour prendre … des boissons, et ainsi de suite. C’est vrai que la plupart ont mis à la disposition de leur clientèle un tas de bidules, qui va du tapis mouillé au sol, jusqu’au thermomètre-pistolet, en passant par les trucs pour faire pshiiit-pshiiit.

Mais le problème, c’est que chez la plupart, au début, on vous les propose, puis, on vous les montre, et juste après, c’est à vous de voir. Comme m’a dit récemment un gars de la sécurité devenu “coronologue” à la porte d’un grand snack :  “Que voulez-vous que je fasse, monsieur ? Tout est devant eux. S’ils ne veulent pas, ils ne veulent pas” (La traduction est approximative, mais tout y dit).

Bon, bref, les gens se sentent en confiance, et comme disait et répétait ce célèbre présentateur de télévision : “ils pensent qu’ils ont traversé le fleuve, et que leurs pieds sont secs” (Là aussi, la traduction est tout autant approximative que significative). 

Pourtant, et c’est là où je voulais en venir, les chiffres que nous entendons et lisons chaque jour, matin et soir (pourquoi, matin ET soir ? Allez savoir !) ne sont guère réjouissants. Bien au contraire. C’est simple : depuis qu’ils ont décidé de nous dé-confiner, pardon, de nous dire que le confinement était fini, mais pas tout à fait, pas totalement, pas partout, pas pour tout le monde, bref, depuis qu’ils ont décidé d’ouvrir les portes, presque aussitôt après, ils ont sonné la fin de la récréation.

En fait, ils ne l’ont pas sonné, sonné, clairement, mais ils ont commencé par nous assommer, jour, après jour, avec des chiffres astronomiques des nouveaux cas dits “positifs”, et juste après, ils sont passés aux communiqués, les uns nous invitant à faire ce qu’on veut, mais en faisant attention un peu, et d’autres nous sommant de faire beaucoup attention, sinon … 

Alors, quand on entend la chose, et son contraire, qu’est-ce qu’on fait ? Et bien, on fait la chose et son contraire… C’est logique. Ce n’est pas normal, mais c’est logique. 

Maintenant, et je vais finir par ça, ce qui n’est vraiment pas logique, et même si on risque de considérer ça comme un sacrilège, comme un blasphème, c’est cette histoire cornue et biscornue de la fête du mouton. Je n’ai rien dit, sur la réouverture des mosquées, parce que je pense que ça a été fait dans les règles, et les échos que j’ai de mes proches et amis pieux, me le confirment.

Par contre, j’ai beau comprendre qu’on veuille aider les éleveurs qui triment toute l’année pour nous préparer nos futures brochettes, côtelettes et autres réjouissances graisseuses, à sauver leur année, mais ce que je n’arrive pas à imaginer et donc à piger, c’est comment on va gérer tout ça. Je veux bien croire que les moutons ont bien été contrôlés, dépistés, numérotés et tout ça, mais quid des bouchers ou prétendus tels, qui vont passer de maison en maison, avec leurs mains et leurs couteaux pleins de sang et leurs bottes bourrées de saletés ? 

Et puis, je vais vous dire : en parlant aux uns et aux autres ces derniers jours, j’ai l’impression que ça ne va pas se bousculer au portillon, et probablement plus pour des problèmes d’oseille que des problèmes d’hygiène.

Dernière minute : un communiqué officiel vient d’annoncer, je cite, que «Les personnes qui auront la charge du rituel du sacrifice seront équipées de tout le matériel de désinfection nécessaire au bon déroulement de cette opération et au respect des règles sanitaires (masques de protection, visières, stérilisateurs… »).

Qui vivra verra. 

En attendant, je vous souhaite un très bon week-end, et je vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit.   

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma