Pour garantir une certaine paix sociale, au moins jusqu’en 2021, le gouvernement, trois centrales syndicales et la CGEM ont signé, jeudi soir, un accord qui vise à améliorer le pouvoir d’achat des fonctionnaires et des employés du secteur privé. Le texte, qui a vu le jour par césarienne, est l’émanation de longues négociations menées par le ministère de l’Intérieur avec les différents protagonistes.

Et toujours dans le souci de garantir la paix sociale, et à moins de deux semaines du début du mois de Ramadan, le gouvernement s’est voulu rassurant sur l’approvisionnement du marché national en produits de première nécessité et sur la stabilité des prix. Et c’est encore sous les auspices du ministère de l’Intérieur que ces décisions ont pu être prises.

Jeudi soir, des informations en provenance des prisons de Tanger et de Fès ont confirmé la décision des détenus du Hirak du Rif de suspendre leur grève de la faim et l’intention des pouvoirs publics de répondre à quelques-unes de leurs doléances notamment les rassembler dans un même lieu de détention pas loin de leurs familles respectives. Cette nouvelle, qui a été très bien accueillie par les milieux intéressés, pourrait ouvrir la voie à une réelle détente dans ce dossier dont la résolution, politique par excellence, ne peut nullement être traitée par la voie judiciaire, encore moins de la manière dont les procès ont été conduits.

Aujourd’hui, avec l’accord social gouvernement/patronat/syndicats, la maîtrise de la fluctuation et de la stabilité des marchés à la veille de Ramadan et cette ouverture soudaine et intéressante dans le dossier des détenus du Rif, et dans l’espoir, aussi, de plier définitivement le dossier des enseignants contractuels, tous les indices portent à croire qu’il existerait une volonté de détente politique tous azimuts dont le Maroc a cruellement besoin vu les crises géopolitiques sérieuses que vivent plusieurs de nos voisins.

Abdellah El Hattach