Avant de commencer cette chronique, je voudrais vous demander un peu d’indulgence et de compréhension. En effet, la perte très récente d’un être très cher, m’a fortement perturbé, et c’est pour cela que j’ai énormément de mal à retrouver mes esprits et ma capacité d’analyse et de concentration.


Vous savez, quand on perd un proche, très proche, on est tellement choqué qu’on n’a plus aucune envie ni de critiquer, ni de polémiquer, ni, encore moins de se moquer, alors que ce sont l’esprit et l’essence même de cette chronique.


Pour tout vous dire, cela fait plusieurs jours que je suis déconnecté de l’actualité, et tout ce que je sais, c’est qu’on ne sait toujours pas quand le Maroc sera vraiment de nouveau libéré, et quand la vie reprendra comme avant.

Sinon, je n’entends plus qu’un brouhaha silencieux et opaque. Pourtant, à travers ce brouhaha assourdissant, j’ai pu quand même incidemment apprendre une information qui m’a bouleversé et en même temps m’a rappelé que si notre pays et notre peuple veulent et essayent d’évoluer du mieux qu’ils peuvent, notre classe politique, elle, et plus précisément certains responsables qui la représentent, sont aux antipodes de cette volonté et de ce désir.

L’information en question concerne un des dirigeants du parti qui se trouve à la tête de notre gouvernement, dont il en est même un membre éminent, et non des moindres, puisqu’il s’agit du ministre des droits de l’homme en personne.

Ce ministre-là de ces droits de l‘homme là, n’aurait jamais déclaré à la Caisse Nationale de de Sécurité Sociale sa plus proche collaboratrice, sa secrétaire personnelle, celle qui, durant plus de 24 ans, et jusqu’à son mort, s’occupait de son prestigieux cabinet d’avocat.

Cette grave révélation n’a pu être connue de la famille de la défunte et du public en général, qu’un lendemain de son décès. 
Il semblerait même que notre vénérable maître et honorable ministre aurait proposé à la maman de la défunte, pour acheter son silence, de l’envoyer à la Mecque, comme si cela allait effacer le délit de non déclaration et le péché de vouloir le cacher. 

 
Ces terribles, incroyables et néanmoins très crédibles informations ont été révélées à l’opinion publique par les réseaux sociaux, et relayées par la suite, pudiquement, par quelques médias, il y a déjà 3 ou 4 jours. Pourtant, il n’y a eu, jusqu’à maintenant, ni démenti du principal concerné, ni réaction de son parti, ni confirmation ou infirmation, d’une quelconque manière, ni du gouvernement, ni des médias dits officiels.

Évidement, il y a toujours la présomption d’innocence, mais pourquoi maintient-on le silence ? Ce silence dont nous avons pris un peu l‘habitude, surtout dans des circonstances similaires, est moralement condamnable, politiquement inexplicable, et humainement inacceptable.

Dans d’autres pays, sur d’autres continents, non seulement on en aurait parlé aussitôt dans les principaux journaux, à la télévision, à la radio et autres, mais ce responsable, et même s’il était totalement innocent, aurait présenté sa démission, ne serait-ce que pour pouvoir mieux se défendre.
Hélas, chez nous, ce n’est pas dans la culture du bled, et le jour où cela arrivera, sera peut-être le début du commencement de la nouvelle ère dont nous avons rêvé et dont nous rêvons toujours. 


Voilà. Malgré les circonstances douloureuses que je vis ces derniers jours, j’ai tenu, d’abord à respecter mon rendez-vous avec vous, ici, comme chaque vendredi, ensuite, à m’exprimer sur cette actualité déplorable qui doit faire honte à ceux qui en sont la cause et l’origine.


En espérant vous retrouver très bientôt, dans de meilleures circonstances et meilleures dispositions, je vous souhaite un excellent week-end et vous dis à la semaine prochaine pour un autre vendredi, tout est dit. 

Mohamed LaroussiExpert et Enseignant de la Communication stratégique. Il est aussi écrivain et auteurs de plusieurs livres dont « Marx est mort, mon amour« . Co-fondateur de la plateforme Analyz.ma