Mais, qu’est ce qui pose donc problème dans une société, qui se veut moderne, comme la nôtre : la richesse ou la pauvreté ?

Les deux métiers qui permettent essentiellement aujourd’hui d’être riche sont : trader et footballeur. L’utilité du travail fourni par les deux métiers est-elle juste, morale ou justifiée? Qui a donc le pouvoir et la légitimité de définir ce qui est morale ou ne l’est pas, juste ou injuste, générateur de revenu plus qu’un autre? Que cache donc ce paradigme richesse? En quoi n’est-il pas juste ou moral le fait de gagner beaucoup d’argent? N’est-il pas l’addition de ces petits consommateurs même, parfois et souvent pauvres, qui fustigent et critiquent cette même richesse?

Paradoxalement, nous avons tous un grande estime morale, qui est d’ailleurs souvent positive, vis-à-vis d’un travailleur exerçant des métiers pénibles (maçon, forgeron, éboueur…) ; néanmoins, nous ne voudrions jamais assister à un spectacle de ces métiers, comme nous le faisons pour le foot. Le marché ne vaudra jamais organiser leur travail de sorte à ce qu’il soit générateur de publicité, et donc de grandes sommes d’argent, non pas parce que le marché est méchant, mais tout simplement, parce que personne n’intéressera à la chose…

Pour comprendre la notion « richesse », il faudra comprendre les mécanismes de naissance de la monnaie, et donc de l’argent, et de l’économie monétaire en général.

Très brièvement, l’histoire nous a appris qu’il y’a quelques milliers d’années, les Hommes s’échangeaient des biens. On choisissait des endroits pour ces opérations ; puis après apparaissent des problèmes et différends de valeur et de confiance : vers qui donc on s’adresse en cas de différend sur la valeur des objets échangés et qui est le garant de confiance?

L’Humain a donc choisi le prêtre et l’église en général pour jouer ce rôle. La laïcisation, initiée par les grands changements des modes de production, a ensuite donné naissance à un autre modèle d’Etat. Ce dernier détient désormais le monopole de confiance, et donc de la production des valeurs des biens et se positionne comme garant de leurs échanges.

Pour ce faire, l’Etat matérialise donc la confiance à travers l’édition de billets. Néanmoins, pour que ces nouveaux billets de confiance aient donc de la valeur, il faudra échanger de plus en plus d’objets. Pour ce faire, il faudra dorénavant plus de produits et une vaste opération de création de nouveaux besoins… Par conséquent, l’Etat a donc besoin de beaucoup plus de commerçants, d’artisans, de producteurs ; bref, du Marché…

Concrètement, Si la Somalie est le seul exemple ou zone géographique au monde où le marché arrive à renverser l’Etat et à la déposséder de tout un territoire, on peut vraisemblablement dire, à l’inverse, que la Corée du Nord est le seul pays qui a totalement détruit la tyrannie du marché libre, et pris le pouvoir de souveraineté suprême.

Dans un Etat, comme dans tous les aspects de notre vie moderne : économique, social, religieux ; le contrat est par essence, l’élément essentiel qui organise la loyauté. Dans une société libre, on a bousculé les limites de nos libertés individuelles – sans même que nous ne rendions compte du principe fondamental de la liberté: Il est interdit d’interdire.

Tous les modèles économiques nous montrent que tout est rare. L’économie est même par définition la gestion sociale de cette rareté : Le temps est rare, les ressources sont rares, les biens sont rares, nos vies même sont rares. Nous nous ne pouvons donc entreprendre nos choix et engager nos libertés à l’infini. Or, il est toujours interdit d’interdire…