Les déclarations récentes du Ministre d’État chargé des droits humains liant l’éventualité d’une grâce royale au profit des activistes du Hirak du Rif, à la condition préalable d’une autocritique à laquelle ils doivent se livrer, méritent que l’on s’y arrête.

J’ai comme l’impression que quelque chose nous échappe par rapport au Hirak du Rif dont les leaders ont écopé de lourdes peines en première instance. Quelque chose qui ne figure pas dans la liste des accusations mais qui expliquerait, peut-être, le caractère très sévère des sanctions prononcées !

Sinon, quelles sont ces revendications non déclarées qui nécessiteraient une autocritique de la part de Zefzafi et ses camarades préalablement à une éventuelle grâce royale ?

Des revendications politiques. Et alors !? Depuis quand il est interdit aux marocains d’en avoir ? L’histoire des mouvements revendicatifs et contestataires au Maroc nous enseigne une seule chose : la réforme politique et institutionnelle a toujours occupé une place centrale dans les cahiers des revendications.

Dans le cas spécifique du Hirak, les revendications avaient un caractère purement social : le chômage des jeunes et l’insuffisance des infrastructures de santé et d’enseignement supérieur. C’est à dire des choses qui, en cas de débordement, ne justifient même pas une mise en garde à vue de 48h.

Nasser a commis deux erreurs fatales. La première est une infraction pénale. C’est le fait de s’introduire dans lieu de culte et y provoquer des perturbations. D’ailleurs, sa poursuite par le ministère public s’est basée sur ce fait. La deuxième erreur est d’ordre politique. Nasser a dirigé sa dernière manifestation en étant escorté par des gardes du corps avec uniforme. C’est peut-être dû à une surexcitation du leadership, mais le Pouvoir, dans n’importe quel pays, c’est le début d’une « organisation »!

Alors que la première erreur est un délit qui peut entraîner une sanction, la gravité de la deuxième ne peut se déterminer que par rapport aux intentions de l’auteur. Et, je pense que Nasser s’est expliqué là-dessus !

Clairement, l’autocritique à laquelle M. Ramid invite Zefzafi et ses camarades ne peut avoir du sens ou de la légitimité que dans la mesure précise où ces derniers agissaient dans une perspective de séparatisme ou de remise en cause du caractère monarchique du régime politique. Là, l’autocritique s’impose !

Le seul cas de référence que nous avons, est celui de la Salafiya jihadiya. Mais là, nous avions affaire à des terroristes et à des prêcheurs qui incitaient ouvertement les jeunes à commettre du terrorisme à l’encontre aussi bien de l’Etat que du peuple. Donc, ce n’est pas un bon exemple !

En tout cas, Ramid ferait bien de nous en dire plus. Et il ferait mieux d’assurer lui-même la médiation…