La 14ème  édition du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM) se tiendra du 16 au 21 avril prochain à Meknès. Une occasion de faire le point sur les avancées du secteur agricole, mais devrait aussi dédraper les goulots d’étranglement en vue de faire avancer ledit secteur.

Pour rendre à César ce qui est à César, des réalisations importantes ont été accomplies durant la période de mise en œuvre du Plan Maroc Vert aussi bien au niveau de l’organisation et la gestion du secteur (refonte et création des institutions agricoles), qu’au niveau de la dynamisation des marchés agricoles. Pour parler le langage des chiffres, l’agriculture a multiplié son PIB, enregistrant une hausse de 60% en l’espace de dix ans.

Toutefois, plusieurs défis restent à relever quant à l’agriculture solidaire, l’agro-industrie et l’agroécologie.

D’une part, le développement du monde rural, la réduction des disparités sociales, le soutien de l’émergence d’une classe moyenne agricole et l’employabilité figurent parmi les défis majeurs auxquels le secteur agricole est aujourd’hui confronté. L’agriculture doit désormais jouer un véritable rôle socioéconomique en se rendant au chevet des jeunes ruraux, à travers notamment la création de postes de travail et de nouvelles activités génératrices de revenus et le renforcement de l’entreprenariat agricole. Le secteur agricole doit profiter également de la création de centres de formation professionnelle permettant une qualification des jeunes pour une meilleure insertion socio-professionnelle.

D’autre part, un nouveau challenge a été lancé dans le contrat-programme (2017-2021) relatif au développement des industries agroalimentaires au Maroc. Il s’agit de réduire la dépendance vis-à-vis du marché international en favorisant la valeur ajoutée dans le secteur agricole. L’agro-industrie entrera ainsi en résonance avec la performance de l’agriculture en tant qu’instrument de développement.

Par ailleurs, la deuxième phase du PMV est appelée à répondre au défi qui s’impose pour le développement d’une agriculture respectueuse de l’environnement. Les actions entreprises, à cet égard, ne doivent pas prioriser que la production agricole. L’enjeu principal demeure « la qualité en quantité » des aliments. Ainsi, une vision à long terme gagnerait à prendre en considération la préservation de la fertilité des sols, de la biodiversité et des ressources hydriques, en valorisant notamment l’ensemble des savoir-faire traditionnels liés à l’agroécologie.

In fine, en sus de la nécessité de promouvoir une culture de l’évaluation des politiques publiques, les secteurs d’envergure comme l’agriculture ainsi que les stratégies et politiques y afférentes, doivent être prises et comprises dans leur transversalité, au-delà des affiliations politiques et des contingences partisanes.