Les attendus :  

1. Aucun régime politique n’est ni bon ni mauvais en soi, dès lors qu’il ne s’agit que d’une mécanique de l’exercice du pouvoir. Tout dépend donc de l’état de ‘santé’ de cette mécanique.

2. La monarchie ayant un rôle central dans la vie politique de notre pays ; partant les réformes ou soit se feront avec son appui ou ne se feront pas.

3. Les clivages droite-gauche est un abus de langage. Ce que l’on appelle communément droite au Maroc est en fait un patchwork hétérogène de groupements qui font du loyalisme apparent à la Monarchie leur seul credo, laissant entendre que le courant qui appelle aux réformes de la Monarchie est en faux avec celle-ci. Les véritables clivages sont ipso facto entre réformistes et forces conservatrices.

4. Le Maroc a, un demi-siècle durant, essayé les gouvernements des partis dits administratifs ; il a ensuite essayé le gouvernement de l’alternance « consensuelle »; il essaie aujourd’hui l’alternance issue des « urnes ».

Néanmoins, force est de reconnaître que le centre de gravité du pouvoir n’a pas bougé d’un iota au niveau des us & coutumes de l’exercice du pouvoir, nonobstant les avancées démocratiques enregistrées dans le texte fondamental c’est-à-dire la Constitution. J’en profite ici pour rappeler que la démocratie n’est pas seulement des textes ou des procédures, mais c’est aussi et surtout le respect de l’esprit de ces textes ????

Il est temps d’inventer autre chose, pour épargner les Marocains des faux débats.

D’aucuns semblent s’offusquer d’entendre dire que le gouvernement au Maroc est le gouvernement de Sa Majesté, alors qu’il s’agit d’une évidence béante et béate.

N’est-ce pas le Roi qui NOMME le Chef du gouvernement, de même qu’il nomme les Ministres sur proposition du Chef du gouvernement ?

N’est-ce pas le Roi qui préside le Conseil des Ministres qui valide, entérine et dispose?

Ne sommes-nous pas dans le cadre d’une Monarchie où le Roi règne et gouverne ?

 Le Chef du gouvernement n’a-t-il pas répondu à une question sur le programme de son gouvernement que celui-ci n’a de programme « que le programme de Sa Majesté » sans autre forme de précision?

Peut-on encore dans ce schéma de gouvernance s’offusquer ou escamoter ces vérités sauf à s’entêter à entretenir le faux à des fins politiciennes pour ajouter la confusion à la dilution des responsabilités?

Je livre cette piste de réflexion réaliste et réalisable loin des commodités politiciennes et des « méthodologies ». Puisque Sa Majesté règne et gouverne, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de cette logique pour éviter les incohérences ?

La logique voudrait que soit laissée à Sa Majesté l’exclusivité de choisir, désigner et nommer TOUT le gouvernement, un gouvernement RESPONSABLE devant le Roi et devant le PARLEMENT, un parlement ISSU DES URNES avec des prérogatives plus renforcées pour exercer son pouvoir législatif, de contrôle et de motion de censure. Un véritable contrepoids au gouvernement de Sa Majesté.

Ma proposition présente plusieurs avantages :

• Le gouvernement sera certainement plus ramassé dès lors qu’il sera constitué en dehors des tractations partisanes, source de la pléthore de nos gouvernements issus des urnes!

• Les schismes partisans s’estomperont dès l’instant que les querelles intra-partisanes sur les ministrabilités ne seront plus d’actualité, ce qui nettoiera les partis des pseudo-militants et opportunistes avides de sièges gouvernementaux !!

• Les partis politiques cessent d’être les cibles de la vindicte populaire et des stigmatisations !

• L’on ne parlera plus ni de majorité ni de minorité partisane dès lors que les majorités se font et se défont au gré des projets et des propositions de lois soumis à l’approbation du Parlement !

• Les partis politiques se recentreront sur leur mission originelle à savoir l’encadrement des citoyens pour les faire fédérer autour de programmes identifiables et identifiés.

Le peuple saura identifier et établir les responsabilités et partant saura demander des comptes au gouvernement de Sa Majesté dès lors que le paravent et l’écran de fumée du gouvernement « issu des urnes » seront dissipés !

Mostafa MelgouChercheur en économie et Expert du secteur bancaire et financier. Ancien cadre supérieur de plusieurs groupes bancaires dont notamment la BMCI, la Saudi French Bank à Jeddah, Sahara Bank en Libye, et ABNAMRO Bank. Il est co-fondateur de la plateforme ANALYZ.MA